Cartables bouclés, emplois du temps distribués : la rentrée est passée, mais un réflexe reste trop souvent oublié par les familles. Selon des données présentées par la Société Française d’Ophtalmologie, la myopie progresse fortement chez les enfants et adolescents français, un phénomène documenté à l’échelle internationale par une étude publiée dans le British Journal of Ophthalmology, qui évalue à près d’un quart la part des 4-17 ans concernés, une proportion qui dépasse un jeune sur deux entre 16 et 17 ans. Un contexte qui remet le contrôle visuel des enfants au centre des priorités de rentrée, aux côtés du choix du cartable ou de l’organisation des devoirs.
Une myopie qui progresse, des écrans souvent pointés du doigt
Le temps passé en intérieur, devant les écrans ou sur des activités de vision de près, est régulièrement associé par les ophtalmologistes à la progression de la myopie chez les plus jeunes. Ce constat n’est pas propre à la France : il s’observe dans la plupart des pays où les habitudes de vie des enfants se sont transformées en une génération. Il justifie, selon les praticiens, une vigilance accrue des parents dès les premières années de scolarité, période où les troubles visuels sont les plus difficiles à repérer spontanément.
Une étude de terrain menée avec l’Éducation nationale
Dans la Vienne, le CHU de Poitiers mène depuis février 2026, en collaboration avec l’Éducation nationale, une étude de prévalence de la myopie auprès d’élèves du CP à la 3e, répartis entre zones urbaines et rurales sur les sites de Poitiers, Châtellerault et Montmorillon. Une première phase a porté sur 76 enfants, avec un objectif affiché de dépasser 1 000 élèves inclus lors de la reprise prévue à cette rentrée. La méthode retenue est rigoureuse : des mesures de réfraction réalisées à l’hôpital sous cycloplégie, associées à un examen de l’acuité visuelle et des antécédents médicaux. L’ambition est double : dresser un état des lieux épidémiologique régional et identifier tôt les enfants ayant besoin de lunettes ou de solutions de freination de la myopie.
Les signes qui doivent alerter les parents
Un enfant qui n’a jamais connu d’autre façon de voir a tendance à considérer sa vision comme normale, même en cas de trouble installé. D’où l’intérêt de rester attentif à certains comportements au quotidien et pendant les devoirs :
- se rapprocher beaucoup de son cahier ou de l’écran pour lire ou écrire
- plisser les yeux pour regarder au loin, au tableau notamment
- se plaindre de maux de tête ou de fatigue visuelle en fin de journée
- éviter les activités de lecture ou multiplier les pauses en travaillant de près
- présenter des difficultés de concentration inexpliquées en classe
Hypermétropie, astigmatisme, myopie ou amblyopie peuvent coexister ou passer inaperçus longtemps, notamment lorsque la vision n’a jamais été contrôlée depuis l’entrée en maternelle.
Quand consulter, et à quel rythme
Il n’existe pas d’âge unique auquel programmer un examen : le rythme des contrôles dépend de l’âge de l’enfant, de ses antécédents personnels et familiaux, et de la présence ou non de signes d’appel. Les ophtalmologistes recommandent de ne pas attendre qu’un trouble soit manifeste pour consulter, en particulier lorsqu’un parent est lui-même myope ou porteur de lunettes depuis l’enfance. Comme le suivi médical plus large de l’enfant, le suivi visuel gagne à être régulier plutôt que déclenché dans l’urgence en cas de difficultés scolaires. Ce sujet rejoint d’ailleurs d’autres priorités de rentrée pour les familles, entre organisation matérielle et vigilance sur la santé au quotidien, un temps où la allocation de rentrée scolaire occupe déjà une bonne partie du budget des ménages.
Le sujet dépasse la seule question de la vue : la qualité de l’environnement scolaire dans son ensemble, y compris la qualité de l’air intérieur dans les écoles, ou encore l’ergonomie du mobilier scolaire, participe des conditions dans lesquelles un enfant apprend à lire, écrire et se concentrer. Un dépistage visuel précoce s’inscrit dans cette même logique : écarter ou corriger un obstacle qui compliquerait inutilement le travail scolaire, sans attendre que les résultats en pâtissent.
Questions fréquentes
À partir de quel âge faut-il faire contrôler la vue d’un enfant ?
Il n’y a pas d’âge fixe : un premier examen est conseillé dès la maternelle, puis le rythme s’ajuste selon les antécédents familiaux et l’apparition éventuelle de signes d’alerte au fil de la scolarité.
Les écrans sont-ils responsables de la progression de la myopie ?
Le temps passé en vision de près et en intérieur est associé par les ophtalmologistes à la progression de la myopie chez l’enfant, même si d’autres facteurs, notamment génétiques, entrent en jeu.
Comment savoir si mon enfant voit mal sans qu’il s’en plaigne ?
Un enfant n’ayant connu qu’une seule façon de voir considère souvent sa vision comme normale : mieux vaut surveiller des indices indirects, comme le fait de plisser les yeux, de se rapprocher des supports ou de se dire fatigué après la lecture.
Sources
- CHU de Poitiers — Étude sur la prévalence de la myopie
- Société Française d’Ophtalmologie
- Ophtalmologie Pyrénées — Contrôle visuel à la rentrée
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale



