Origine falsifiée, taux de vitamines erronés, mentions obligatoires manquantes : la dernière campagne de contrôle de la DGCCRF sur l’étiquetage des aliments pour animaux met au jour des écarts persistants entre ce qui est écrit sur l'emballage des croquettes et pâtées, et ce qu’elles contiennent réellement. Un sujet qui concerne directement les millions de foyers français propriétaires d’un chien ou d’un chat.
Une campagne de contrôle qui vise toute la filière
La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes a passé au crible plus de 300 professionnels du secteur de l’alimentation animale : fabricants d’aliments composés, nouveaux entrants du marché, grossistes et enseignes de distribution. L’objectif affiché est simple, vérifier que les informations figurant sur les sacs de croquettes ou les boîtes de pâtée correspondent bien à la réalité des produits vendus, et que les mentions obligatoires prévues par la réglementation européenne y figurent effectivement.
Le bilan, une fois les analyses de laboratoire menées, est éloquent : sur l’ensemble des produits testés, près d’un sur trois présente une anomalie. Un chiffre qui, sans être alarmant sur le plan sanitaire, interroge sur la rigueur de tout un pan de l’industrie du pet food.
Origine trafiquée et carences en vitamines
Parmi les cas relevés, certains dépassent la simple coquille administrative. Un distributeur de nourriture pour chiens et chats a ainsi indiqué une origine française pour des croquettes en réalité fabriquées au Royaume-Uni, une allégation qui joue sur la préférence de nombreux acheteurs pour les circuits courts et le made in France.
Autre exemple documenté par les contrôleurs : un professionnel a écopé d’une amende administrative de plusieurs milliers d’euros après la découverte d’un déficit important en vitamine A par rapport à la teneur garantie sur l'emballage. Ce type d’écart n’est pas anodin, la vitamine A jouant un rôle dans la vision, la croissance et l’immunité des animaux domestiques.
Les non-conformités les plus fréquentes concernent :
- Des teneurs en vitamines ou oligo-éléments ne correspondant pas aux valeurs affichées
- Des mentions d’origine géographique inexactes ou trompeuses
- L’absence de coordonnées du responsable de l’étiquetage
- Des allégations marketing (« sans céréales », « riche en… ») insuffisamment justifiées
Le monde vétérinaire réclame plus de fermeté
Ces résultats ne surprennent qu’à moitié une partie de la profession. Un collectif de nutritionnistes vétérinaires a récemment interpellé les pouvoirs publics pour demander une enquête nationale ciblée sur la loyauté des étiquetages de nourriture animale vendue en ligne, un canal de distribution jugé plus difficile à contrôler que les rayons physiques des animaleries et supermarchés.
Leur constat rejoint celui de la DGCCRF : la multiplication des marques, souvent vendues exclusivement sur internet et parfois fabriquées par des sous-traitants peu identifiables, complique la traçabilité et laisse place à des promesses commerciales difficiles à vérifier pour le consommateur lambda.
Ce que les propriétaires d’animaux peuvent vérifier eux-mêmes
En attendant un éventuel renforcement des contrôles en ligne, plusieurs réflexes simples permettent de limiter les risques. Il est recommandé de croiser la composition annoncée avec l’analyse nutritionnelle détaillée, de se méfier des mentions d’origine non accompagnées d’un numéro d’agrément sanitaire vérifiable, et de privilégier les marques capables de justifier précisément la provenance de leurs matières premières. En cas de doute ou d’anomalie constatée, chaque consommateur peut signaler le produit directement via la plateforme SignalConso, qui alimente les futures campagnes de contrôle de la DGCCRF.
Questions fréquentes
Ces anomalies d’étiquetage présentent-elles un danger pour mon animal ?
Dans la majorité des cas relevés, il s’agit d’écarts administratifs ou de mentions d’origine inexactes. Certains cas, comme les carences vitaminiques importantes, peuvent en revanche avoir un impact réel sur la santé de l’animal si l’aliment concerné constitue l’essentiel de son alimentation sur la durée.
Comment vérifier la fiabilité d’une marque de croquettes achetée en ligne ?
Il est conseillé de rechercher le numéro d’agrément sanitaire de l’établissement fabricant, disponible en principe sur l'emballage ou le site du vendeur, et de comparer la composition détaillée avec les taux garantis en protéines, matières grasses et vitamines.
Que faire si l’on soupçonne une étiquette trompeuse ?
Un signalement peut être effectué via la plateforme SignalConso du gouvernement, qui transmet les alertes aux services compétents de la DGCCRF pour d’éventuels contrôles ciblés.
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