Après plus d’un siècle d’absence, un rapace piscivore a de nouveau installé son nid sur les rives suisses. Dans la région des Trois-Lacs, entre Neuchâtel, Bienne et Morat, un couple de balbuzards pêcheurs a mené à bien sa première nichée depuis 1914, marquant l’aboutissement d’un programme de réintroduction discret mené depuis plus d’une décennie.
Un siècle d’absence après des persécutions directes
Le balbuzard pêcheur (Pandion haliaetus) avait totalement disparu du territoire helvétique au début du XXe siècle. Considéré à tort comme un rival par les pêcheurs, ce rapace spécialisé dans la capture de poissons en surface a été exterminé par les tirs et par le prélèvement systématique de ses œufs. La dernière nidification attestée remontait à 1914, ce qui fait de son retour un événement suivi de très près par les ornithologues suisses.
Une réintroduction patiente, sans contact humain direct
Le retour de l’espèce ne doit rien au hasard. Depuis 2015, l’association Nos Oiseaux (ex-Société romande d’étude et de protection des oiseaux) coordonne un programme de réintroduction fondé sur une technique éprouvée ailleurs en Europe : l’élevage de jeunes oiseaux dans des volières spécifiques, sans contact humain direct, avant leur relâcher progressif dans la nature. Entre 2015 et 2020, une soixantaine de poussins ont ainsi été importés, principalement de Norvège et d’Allemagne, puis élevés selon ce protocole avant d’être libérés dans la région des Trois-Lacs.
Pour faciliter leur installation, une trentaine de plateformes de nidification ont été érigées par des bénévoles dans ce secteur riche en plans d’eau, propice à la pêche de poissons dont se nourrit exclusivement l’espèce. C’est précisément l’une de ces structures artificielles qu’a choisie le couple reproducteur pour élever sa nichée.
Trois poussins nés en mai 2026
Le couple avait déjà été repéré durant l’été 2025, alors que la femelle, encore immature, partageait son temps avec deux mâles territoriaux venus s’installer sur zone. Après un hiver passé séparément en Afrique subsaharienne, les deux oiseaux sont revenus au printemps suivant et ont investi ensemble l’une des plateformes disponibles.
- Premier œuf pondu le 19 avril 2026
- Éclosion échelonnée entre le 25 et le 29 mai 2026
- Trois poussins menés à terme : deux femelles et un mâle
- Envol réussi pour les trois jeunes durant l’été
Selon Wendy Strahm, coordinatrice du projet de réintroduction, cette nichée constitue la validation concrète d’un travail de terrain mené sur plus de dix ans. L’emplacement exact du nid reste volontairement non divulgué, une précaution classique pour ce type d’espèce sensible au dérangement pendant la reproduction.
Un indicateur pour d’autres programmes de conservation
Au-delà de l’anecdote naturaliste, ce succès illustre une méthode de réintroduction qui a fait ses preuves pour d’autres rapaces en Europe, comme le gypaète barbu réintroduit dans les Alpes ou le bouquetin ibérique dans les Pyrénées. L’enjeu dépasse la seule Suisse : la région des Trois-Lacs, riche en zones humides, pourrait devenir un nouveau bastion de reproduction pour l’espèce à l’échelle de l’arc lémanique et au-delà, à condition que les habitats aquatiques et les ressources en poissons restent préservés.
Les jeunes oiseaux nés ce printemps devraient entamer leur première migration vers l’Afrique dès la fin du mois d’août 2026, avant un retour espéré en Europe dans plusieurs années, une fois arrivés à maturité sexuelle. C’est ce cycle complet, de l’éclosion à la reproduction future, que les ornithologues suisses surveilleront pour confirmer l’installation durable de l’espèce.
Ce type de suivi rejoint les enjeux plus larges de protection des milieux naturels et de suivi scientifique de la biodiversité, deux domaines où les programmes de conservation animale jouent un rôle déterminant pour la reconquête d’espèces disparues.
Questions fréquentes
Pourquoi le balbuzard pêcheur avait-il disparu de Suisse ?
L’espèce a été exterminée au début du XXe siècle par les tirs de pêcheurs qui la considéraient comme une concurrente, ainsi que par le prélèvement de ses œufs. La dernière nidification connue datait de 1914.
Comment s’est déroulée la réintroduction du balbuzard en Suisse ?
Entre 2015 et 2020, une soixantaine de jeunes oiseaux importés de Norvège et d’Allemagne ont été élevés en volière sans contact humain direct, puis relâchés dans la région des Trois-Lacs, où une trentaine de plateformes de nidification ont été installées.
Combien de poussins sont nés lors de cette première nichée ?
Trois poussins, deux femelles et un mâle, sont nés entre le 25 et le 29 mai 2026 et ont tous survécu jusqu’à l’envol.
Sources
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale



