Voilà une femme sculpteur qui porte en elle le témoignage émouvant d’une culture Antique que son séjour en Afrique noire a transposé en une interprétation personnelle du monde moderne. Ces têtes de femmes, hiératiques et puissantes, ces corps nus, voluptueux et pudiques, n’évoquent-ils pas quelques divinités païennes et leur présence n’est-elle pas l’affirmation de leur vérité ?
Sans rien connaître du vocabulaire plastique de l’un ou l’autre des sculpteurs que nous présentons à la galerie depuis quarante ans, qu’il s’agisse de Gustave Miklos, de Joseph Csaky ou de Jean Lambert-Rucki, l’oeuvre sculptée de Kelli Bedrossian témoigne à travers le temps d’une filiation stylistique dont la conception nous a semblé suffisamment manifeste pour constituer un prolongement à notre propre découverte de ces artistes de l’entre-deux guerres. Leurs conceptions architectoniques et frontales, l’articulation de leurs masses en volumes précis et la juxtaposition prismatique de leurs plans relèvent d’une sculpture que l’on pourrait qualifier de cubiste si elles ne portaient en elles une émotion manifeste, une beauté incontournable, une lisibilité parfaite dont la seule contemplation évoque leur humanité profonde et intemporelle.
Ses compositions picturales ne sont pas moins étonnantes et sa série de « Portes » aux silhouettes diffuses sont comme autant d’ouvertures sur un au-delà auquel l’artiste nous convie.

Exposition Kelli BEDROSSIAN
Du 7 JUIN au 27 JUILLET 2012
À la galerie Félix Marcilhac 8, rue Bonaparte, 75006 Paris

Le site référencé ici est disponible à cette adresse : http://www.marcilhacgalerie.com