Trente ans. C’est le temps qu’il a fallu attendre pour qu’une grande institution française consacre à nouveau une exposition d’ampleur à Kurt Schwitters. Jusqu’au 7 février 2027, le Musée national Picasso-Paris accueille cette rétrospective Kurt Schwitters intitulée « Le Chaos-Monde, 1918-1948 », un événement qui réunit plus de trois cents pièces : peintures, collages, assemblages, dessins, carnets et archives documentaires de cet artiste allemand longtemps resté dans l’ombre des grands noms du Dada.
Une rétrospective inédite depuis plus de trente ans
La dernière fois qu’une institution française avait montré l’œuvre de Schwitters à cette échelle, c’était au Centre Pompidou, en 1994-1995. Depuis, plus rien d’équivalent n’avait été proposé au public parisien. Le choix du musée Picasso n’est pas anodin : Pablo Picasso lui-même admirait le travail de cet artiste venu de Hanovre, capable de transformer des tickets de bus, des journaux déchirés ou des bouts de ferraille en œuvres d’art à part entière. L’exposition déroule trente années de création, de 1918 à 1948, et retrace un parcours marqué par l’exil, la guerre et une inventivité matérielle rare pour l’époque.
Le Merzbau, une œuvre-sculpture disparue reconstituée
Point d’orgue du parcours, une section est consacrée au Merzbau, cette maison-sculpture monumentale que Schwitters avait construite dans sa propre demeure de Hanovre et qui fut détruite lors d’un bombardement en 1943. L’œuvre originale n’existe donc plus : seule une reconstruction réalisée entre 1981 et 1983 en conserve la mémoire, conservée au Sprengel Museum de Hanovre. Le musée Picasso-Paris propose de son côté une évocation de cette atmosphère si particulière, à la croisée de l’architecture, de la sculpture et de l’installation, pour donner une idée de ce qu’a pu être cette œuvre totale et aujourd’hui disparue.
Un commissariat franco-américain
La rétrospective est portée par un commissariat à deux voix : Cécile Godefroy, conservatrice peinture et sculpture au MoMA de New York, et Johan Popelard, chef du département conservation et collections du musée Picasso-Paris. Cette association entre une grande institution américaine et le musée parisien a permis de réunir des prêts rarement montrés en France, renforçant le caractère exceptionnel de l’événement pour les amateurs d’art moderne comme pour le grand public venu découvrir un pan méconnu de l’histoire de l’art du XXe siècle.
Paris, capitale des grandes rétrospectives cet automne
Cette exposition s’inscrit dans une saison particulièrement dense pour la scène artistique parisienne. Le musée d’Orsay consacre en parallèle une rétrospective très remarquée à Mary Cassatt, l’impressionniste longtemps restée dans l’ombre, tandis que le musée Jacquemart-André propose de son côté la première grande rétrospective parisienne consacrée à Tintoret. Le patrimoine pictural fait aussi l’actualité du côté de la conservation, avec le lancement par le Louvre de la plus grande restauration picturale de son histoire sur le cycle de Marie de Médicis de Rubens. Autant de rendez-vous qui alimentent les expositions et salons de la rentrée et les portails artistiques qui en recensent la programmation au fil des mois.
Questions fréquentes
Qui était Kurt Schwitters ?
Né en 1887 à Hanovre et mort en 1948 en Angleterre, Kurt Schwitters est un artiste allemand associé au mouvement Dada sans jamais s’y rattacher totalement. Il est surtout connu pour ses collages baptisés « Merz », réalisés à partir de matériaux de récupération, et pour ses installations architecturales, dont le célèbre Merzbau.
Jusqu’à quand peut-on voir l’exposition ?
La rétrospective « Le Chaos-Monde, 1918-1948 » est visible au Musée national Picasso-Paris du 6 octobre 2026 au 7 février 2027, dans les salles consacrées aux expositions temporaires de l’hôtel Salé.
Pourquoi cette exposition est-elle qualifiée d’événement ?
Parce qu’aucune institution française n’avait présenté un ensemble aussi vaste de l’œuvre de Schwitters depuis la rétrospective du Centre Pompidou en 1994-1995, et parce qu’elle réunit des prêts internationaux rarement visibles sur le sol français.
Sources
- Musée national Picasso-Paris, site officiel
- Expo.paris, fiche de l’exposition Kurt Schwitters
- Sortiraparis, reportage photo sur la rétrospective
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale



