Le secteur de l’artisanat français affiche un paradoxe frappant : il continue de créer des entreprises chaque année, mais ceux qui le font vivre n’ont jamais été aussi inquiets pour leur avenir. C’est ce que révèle le baromètre annuel publié début septembre 2026 par CMA France, l’organisme qui représente les Chambres de Métiers et de l’Artisanat.
Un moral en chute libre
Selon cette enquête, seuls 31 % des artisans se déclarent optimistes quant à l’avenir de leur entreprise, contre 52 % un an plus tôt. À l’inverse, 46 % se disent désormais pessimistes. La confiance dans l’atteinte des objectifs financiers de l’année chute également : 55 % des artisans s’en disent confiants, contre 82 % en 2025, soit un recul de 27 points en douze mois.
Investissement et recrutement à l’arrêt
Les intentions concrètes suivent la même pente. Seuls 29 % des artisans envisagent d’investir prochainement, un recul de 37 points sur un an, et 74 % n’ont prévu aucun recrutement dans les mois à venir. Cette prudence tranche avec la vitalité démographique du secteur : le nombre d’entreprises artisanales continue de progresser en France, porté notamment par les zones rurales et les petites villes, où la création reste la plus dynamique.
Inflation, coûts… et nouvelles inquiétudes géopolitiques
L’inflation, la baisse d’activité et la difficulté à répercuter la hausse des coûts sur les prix restent les préoccupations dominantes. Mais le baromètre CMA France pointe aussi l’émergence de nouvelles causes d’inquiétude : le contexte politique est cité par 39 % des artisans interrogés (+19 points en un an), et les tensions géopolitiques internationales par 28 % (+16 points). Ces chiffres traduisent une anxiété qui dépasse désormais les seules questions économiques de court terme.
Malgré tout, l’attachement au métier reste fort
Le paradoxe le plus marquant du baromètre concerne l’engagement personnel des artisans : malgré ce climat morose, 85 % déclarent conserver « la flamme » pour leur métier, et 73 % estiment que l’artisanat correspond toujours à leur projet professionnel. Une majorité (64 %) réclame cependant davantage de soutien public pour traverser cette période. Ce constat s’inscrit dans un contexte où d’autres filières de l’artisanat, comme les métiers d’art en manque de formation, cherchent elles aussi des relais pour transmettre leurs savoir-faire.
Une réforme administrative en toile de fond
À ces difficultés s’ajoute un changement réglementaire d’ampleur : depuis le 1er septembre 2026, la première phase de la facturation électronique obligatoire impose à toutes les entreprises, y compris les micro-entreprises artisanales, d’être en capacité de recevoir leurs factures sous ce format. Une charge administrative supplémentaire pour des structures souvent unipersonnelles, au moment même où leur trésorerie se tend.
Des signaux positifs malgré tout
Tous les signaux ne sont pas négatifs : certains investissements industriels continuent, comme l’ouverture d’une nouvelle maroquinerie créatrice de centaines d’emplois d’artisans en Normandie. Le secteur des métiers d’art, qui regroupe environ 38 000 entreprises et 60 000 actifs pour un chiffre d’affaires annuel de 8 milliards d’euros selon l’Institut national des métiers d’art, continue par ailleurs de se structurer, comme le montre la récente rencontre patrimoniale organisée dans cinq villes françaises.
Questions fréquentes
Pourquoi le moral des artisans a-t-il autant baissé en un an ?
Le baromètre CMA France pointe la combinaison de l’inflation, de la baisse d’activité et de la difficulté à répercuter les coûts, auxquelles s’ajoutent depuis peu des inquiétudes liées au contexte politique et géopolitique, citées par un nombre croissant de répondants.
Le nombre d’artisans en France diminue-t-il pour autant ?
Non : le nombre d’entreprises artisanales continue globalement de progresser en France, notamment dans les communes rurales et les petites villes. Le pessimisme mesuré par le baromètre porte sur les perspectives des entreprises existantes, pas sur la démographie globale du secteur.
La facturation électronique obligatoire concerne-t-elle les artisans ?
Oui. Depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises, y compris les micro-entreprises et artisans individuels, doivent être capables de recevoir leurs factures fournisseurs au format électronique, première étape d’une réforme qui s’étendra ensuite à l’émission des factures.
Sources
- TPEactu.fr, baromètre du moral des artisans CMA France 2026
- Compagnonnage.fr, chiffres clés de l’artisanat en France
- Artisanat.fr, portail des Chambres de Métiers et de l’Artisanat
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale



