Le prix Nobel de médecine a été attribué début octobre à trois chercheurs pour une technologie qui permet de piloter des neurones avec de la lumière. Derrière ce nom technique, l’optogénétique, se cache déjà une application concrète : redonner une forme de vue à des patients aveugles.
Une découverte venue d’une algue microscopique
Le jury de l’Institut Karolinska a récompensé l’Américain Karl Deisseroth ainsi que les Allemands Peter Hegemann et Georg Nagel. Les deux derniers ont identifié, chez une algue unicellulaire, une protéine sensible à la lumière appelée channelrhodopsine. Karl Deisseroth a ensuite transformé cette découverte en outil de laboratoire : en insérant le gène de cette protéine dans des neurones précis, les chercheurs peuvent les activer ou les éteindre simplement en les éclairant.
Cette capacité à contrôler l’activité cérébrale avec la lumière a bouleversé les neurosciences depuis une vingtaine d’années. Elle a notamment permis de mieux comprendre les circuits impliqués dans la mémoire, l’anxiété ou certains troubles psychiatriques, en observant précisément quel groupe de neurones déclenche quel comportement.
Une première application déjà testée sur des patients
L’optogénétique n’est plus seulement un outil de recherche. En 2021, une équipe avait publié dans la revue Nature Medicine les résultats d’un essai chez un patient atteint de rétinite pigmentaire, une maladie qui détruit progressivement la rétine. En insérant une protéine sensible à la lumière dans les cellules encore vivantes de son œil, les chercheurs lui ont permis de retrouver une perception partielle des formes et des mouvements.
Depuis, un traitement issu de cette approche est entré en phase d’évaluation réglementaire aux États-Unis pour la rétinite pigmentaire, et un essai clinique visant une autre maladie de la rétine, la dégénérescence maculaire, doit démarrer prochainement. Il ne s’agit pas d’une restauration complète de la vue, mais d’une perception fonctionnelle qui peut aider à se déplacer ou à distinguer des objets.
Pourquoi cette récompense compte au-delà du laboratoire
Au-delà de l’ophtalmologie, les mêmes principes sont explorés pour mieux cibler certains traitements neurologiques, en activant uniquement les neurones responsables d’un symptôme plutôt que des zones entières du cerveau. C’est tout l’enjeu des recherches en santé qui cherchent aujourd’hui à remplacer des traitements globaux par des interventions plus précises.
Ce prix Nobel illustre aussi un schéma récurrent en science : une curiosité fondamentale, ici l’étude d’une algue capable de se diriger vers la lumière, peut déboucher des décennies plus tard sur un traitement médical. Un parcours que suivent aussi d’autres équipes françaises, à l’image de l’expédition Tara Polar Station ou des travaux sur les matériaux magnétiques assistés par intelligence artificielle, qui misent eux aussi sur une recherche de long terme avant toute application.
D’autres équipes combinent désormais l’optogénétique avec des outils numériques, à la manière de l’intelligence artificielle déjà utilisée pour accélérer l’analyse de données médicales, afin d’identifier plus vite les neurones à cibler.
Questions fréquentes
L’optogénétique permet-elle de guérir la cécité ?
Non, pas totalement. Les essais menés jusqu’ici redonnent une perception partielle des formes et des contrastes à des patients atteints de certaines maladies de la rétine, pas une vision normale.
Cette technique est-elle utilisée sur l’être humain depuis longtemps ?
Elle est utilisée en recherche animale depuis le milieu des années 2000, mais ses premières applications chez l’humain, notamment en ophtalmologie, ne datent que du début des années 2020.
Pourquoi un prix Nobel pour une découverte faite sur une algue ?
Parce que cette protéine naturelle, qui permet à l’algue de se diriger vers la lumière, s’est révélée être l’outil manquant pour piloter précisément l’activité des neurones, une avancée jugée fondatrice pour les neurosciences modernes.
Sources
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale



