Un décret publié le 22 août dernier au Journal officiel vient rebattre les cartes du financement des équipements optiques en France. Concrètement, la part payée par l’Assurance maladie obligatoire sur les verres et montures va reculer au profit des complémentaires santé, avec une entrée en vigueur programmée au 1er janvier 2027. Décryptage d’une réforme qui concerne des millions de porteurs de lunettes.
Ce que change le décret n°2026-810
Le texte, daté du 21 août et publié au Journal officiel le lendemain, modifie la répartition du financement de plusieurs catégories de dispositifs médicaux, dont l’optique fait partie. Il s’inscrit dans une série de quatre décrets présentés fin juillet par le gouvernement dans le cadre de la maîtrise des dépenses de santé, aux côtés de textes équivalents pour le dentaire, les médicaments et les transports sanitaires.
- La fourchette réglementaire du ticket modérateur sur les équipements optiques passe de 40-50 % à 50-60 %.
- Le taux exact dans cette nouvelle fourchette sera fixé par l’Uncam après avis des organismes complémentaires.
- Les équipements jugés essentiels (grand appareillage, véhicules pour personnes handicapées) restent pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie.
- Les patients en affection longue durée et les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire ne verront pas leur reste à charge augmenter.
Quel impact concret sur le prix des lunettes ?
Pour un verre de classe A (panier 100 % santé), dont la base de remboursement est fixée à 37,50 euros, la part versée par l’Assurance maladie obligatoire passerait de 22,50 euros aujourd’hui à environ 18,75 euros si le taux retenu est de 50 %, voire 15 euros s’il grimpe à 60 %. Pour les équipements du panier libre, en revanche, l’effet resterait marginal, de l’ordre de quelques centimes, la base de remboursement y étant déjà très faible. De quoi rassurer une partie des porteurs de lunettes à petit budget qui privilégient déjà les montures les moins chères.
Le rôle central des complémentaires santé
C’est bien aux mutuelles et assureurs santé que revient la charge de compenser ce transfert. Les contrats dits « responsables », qui encadrent environ 95 % du marché de la complémentaire santé, devront intégrer cette hausse de prise en charge. Un ajustement qui intervient alors que le secteur de la complémentaire santé est déjà en pleine mutation, entre rachats et arrivée de nouveaux acteurs, à l’image de l’entrée récente de personnalités du sport au capital de mutuelles nouvelle génération. Reste à savoir si cette bascule se traduira, à terme, par une hausse des cotisations pour les assurés.
Le reste à charge zéro, un principe préservé sur le papier
Le gouvernement insiste sur un point : pour les équipements du panier A, le dispositif de reste à charge zéro issu de la réforme « 100 % santé » est maintenu. En théorie, un assuré optant pour ces équipements ne devrait donc rien débourser de sa poche, la différence étant absorbée par sa complémentaire. Dans les faits, tout dépendra de la manière dont chaque organisme ajustera ses garanties pour absorber ce surcoût, un sujet qui rejoint les interrogations déjà soulevées par d’autres réformes récentes, comme le décret de suspension de la réforme des retraites publié plus tôt cette année et qui illustre la multiplication des textes réglementaires touchant à la protection sociale. Pour les assurés qui rencontrent un accident de la vue en attendant d’y voir plus clair sur leurs droits, certaines solutions existent déjà, notamment en cas de lunettes cassées ou perdues.
Un calendrier serré avant l’entrée en vigueur
Entre la publication du décret et son application au 1er janvier 2027, les acteurs de la santé et les fédérations professionnelles de l’optique disposent d’un peu plus de quatre mois pour s’organiser. Les fédérations du secteur devraient se prononcer dans les prochaines semaines sur le taux définitif retenu par l’Uncam, qui déterminera l’ampleur réelle du transfert vers les complémentaires.
Questions fréquentes
Le décret sur l’optique est-il déjà applicable ?
Non. Publié le 22 août 2026, le texte n’entrera en vigueur que le 1er janvier 2027. D’ici là, les règles de remboursement actuelles continuent de s’appliquer normalement.
Le reste à charge zéro va-t-il disparaître ?
Non, il est maintenu pour les équipements du panier 100 % santé. C’est la répartition entre Assurance maladie et complémentaire qui évolue, pas le principe d’absence de reste à charge pour ces produits.
Toutes les lunettes sont-elles concernées de la même façon ?
Non. L’impact est surtout sensible pour les équipements du panier A (100 % santé), tandis que les montures et verres du panier libre ne devraient connaître qu’une variation minime de leur remboursement.
Sources
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale



