Longtemps cantonnée aux vitrines de la science-fiction, la robotique s’installe désormais discrètement dans les cuisines professionnelles. Chez les géants de la restauration collective comme chez de jeunes start-up françaises, l’intelligence artificielle et les robots de service ne remplacent pas les équipes, mais transforment déjà une partie de leur quotidien.
Des menus générés en une journée au lieu de plusieurs semaines
Chez Sodexo, groupe mondial de restauration collective et de services, la direction technologique a mis au point un outil interne baptisé Menu AI. Sa mission : générer et ajuster automatiquement des propositions de menus à partir d’une base de 400 recettes saisonnières. Un travail qui prenait auparavant deux à quatre semaines aux équipes culinaires se réalise désormais en une seule journée. L’outil est aujourd’hui déployé sur des milliers de sites du groupe, libérant du temps que les chefs consacraient à la saisie administrative sur ordinateur.
Le groupe, dont le budget technologique annuel avoisine 500 millions d’euros, explore aussi l’intégration des tendances alimentaires repérées sur les réseaux sociaux dans la conception des menus.
Des robots pour livrer, nettoyer, puis cuisiner
Sur le terrain, Sodexo a déjà déployé environ 200 robots à travers le monde : une centaine de robots de nettoyage des sols et 85 robots de livraison, principalement aux États-Unis. Dernier exemple en date : depuis mars 2026, un robot autonome livre boissons et collations aux travailleurs du site minier de Gudai-Darri, exploité par Rio Tinto dans la région australienne du Pilbara. Commandé via une application mobile, il circule seul à vitesse de marche jusqu’aux hébergements, où un code PIN permet de récupérer sa livraison.
La prochaine étape, assumée par le groupe, concerne directement les fourneaux : des robots dédiés aux tâches répétitives ou dangereuses de la cuisine, pour réduire les risques d’accidents du travail.
Des start-up françaises accélèrent aussi
Cette évolution ne se limite pas aux grands groupes internationaux. La start-up française Cook-e, qui a levé 5 millions d’euros auprès d’investisseurs comme Breega ou Vis Vires New Protein, développe un robot capable de cuisiner jusqu’à trois plats chauds ou froids simultanément et de produire environ 250 plats à l’heure, avant de se nettoyer automatiquement. L’entreprise vise le déploiement de 1 500 robots d’ici 2027, en ciblant la restauration collective, les campus, les hôpitaux et les cuisines dites « sombres », avec Sodexo parmi ses premiers partenaires.
Ce que cela change concrètement
- Les tâches à faible valeur ajoutée (saisie de menus, nettoyage, livraisons répétitives) sont progressivement automatisées.
- Les équipes en cuisine et en salle se recentrent sur la préparation, le conseil et la relation avec les convives.
- La pénurie de personnel dans la restauration reste un moteur direct de ces investissements.
- La sécurité au travail devient un argument aussi important que la productivité pour justifier l’arrivée de robots aux fourneaux.
Pour les métiers de l’hôtellerie et de la restauration, ces outils s’ajoutent à une vague plus large de transformation par le numérique, déjà bien engagée dans les secteurs du high-tech et du numérique. Reste une question de fond pour les recruteurs du secteur : comment ces automatisations vont-elles redessiner, dans les prochaines années, les besoins en emploi de la restauration collective ?
Questions fréquentes
Les robots vont-ils remplacer les cuisiniers ?
Non, selon les entreprises concernées. Les robots actuellement déployés se concentrent sur des tâches répétitives, pénibles ou dangereuses (nettoyage, livraison, préparation standardisée), pas sur la création culinaire ni le service aux convives, qui restent assurés par des équipes humaines.
Quels types de robots sont réellement utilisés aujourd’hui dans la restauration collective ?
On trouve surtout des robots de nettoyage des sols, des robots de livraison autonomes (repas, boissons, collations) et des outils d’intelligence artificielle d’aide à la planification des menus. Les robots de cuisson autonomes, comme ceux de la start-up Cook-e, existent mais restent en phase de déploiement progressif.
Pourquoi les grands groupes investissent-ils autant dans ces technologies ?
Trois raisons reviennent régulièrement : pallier la pénurie de personnel en cuisine, réduire les accidents du travail liés aux tâches les plus pénibles, et libérer du temps pour les équipes sur des missions à plus forte valeur ajoutée, comme la relation avec les convives.
Sources
Fortune — How foodservice giant Sodexo is embracing AI and robotics to reshape the kitchen
Sodexo Australie — FIFO’s First Food Delivery Robot Debuts in Australian Mining Sector
Zepros Restauration — Cook-e lève 5 M€ pour développer son robot en restauration
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale



