Face à la progression de la grippe aviaire jusque dans les colonies d’oiseaux marins les plus reculées, des chercheurs et vétérinaires français testent une nouvelle parade : un vaccin à ARN messager conçu pour protéger les manchots et d’autres espèces sensibles, sans passer par l’abattage systématique des populations touchées.
Un essai grandeur nature aux confins de l’Antarctique français
Tout est parti d’un constat alarmant : fin 2024, l’épizootie de grippe aviaire H5N1 a frappé de plein fouet les colonies de manchots royaux de l’archipel de Crozet, ces terres australes françaises isolées au cœur de l’océan Indien. Une équipe associant le CNRS et des vétérinaires a alors mené un essai inédit en conditions naturelles, publié dans la revue Nature Communications : trente poussins de manchots royaux vivant en totale liberté ont reçu deux injections d’un vaccin ARN auto-amplifiant, initialement conçu pour la volaille domestique, espacées d’un peu plus d’un mois, tandis que vingt autres poussins servaient de groupe témoin.
Résultat : une réponse immunitaire forte et durable chez les animaux vaccinés, sans effet indésirable observé sur 250 jours de suivi. C’est la première fois qu’une stratégie vaccinale démontre son efficacité pour protéger une population d’oiseaux sauvages contre le virus H5N1 directement sur le terrain, et non en laboratoire.
Six zoos français élargissent l’essai à une vingtaine d’espèces
Fort de ces résultats, un projet pilote porté par la fondation Ceva Wildlife Research Foundation (Ceva WRF) et l’Association française des vétérinaires de parcs zoologiques (AFVPZ) étend désormais la vaccination à des collections captives, où la protection des espèces à forte valeur de conservation est une priorité. Six établissements participent à ce programme :
- le Parc zoologique de Paris ;
- le Safari de Planète Sauvage ;
- la Réserve zoologique de la Haute-Touche ;
- le Zoo de la Palmyre ;
- le Parc zoologique et botanique de Mulhouse ;
- le ZooParc de Beauval.
Une vingtaine d’espèces sont concernées par ces injections : manchots, autruches et différents rapaces figurent parmi les premiers vaccinés. Au zoo de Mulhouse, une première série d’oiseaux a ainsi reçu ses injections, les équipes vétérinaires ayant obtenu les autorisations nécessaires pour immuniser les individus jugés les plus précieux sur le plan de la conservation. À la Palmyre, ce sont notamment les colonies de flamants roses et de manchots du Cap qui sont suivies de près.
Pourquoi cette innovation change la donne pour la faune
Jusqu’ici, la réponse à un foyer de grippe aviaire dans un parc zoologique ou une réserve naturelle reposait presque exclusivement sur des mesures de biosécurité et, en dernier recours, sur l’abattage préventif des animaux exposés — une option difficilement acceptable lorsqu’il s’agit d’espèces menacées ou de populations sauvages isolées. La vaccination ouvre une troisième voie, entre le renoncement à toute protection et l’élimination des foyers.
Les responsables du programme restent toutefois prudents : les résultats obtenus sur les six parcs zoologiques doivent encore être consolidés avant toute généralisation. Si les données de suivi confirment l’innocuité et l’efficacité observées à ce stade, le dispositif pourrait être étendu à l’ensemble des espèces sensibles dès la campagne 2027, avec un enjeu direct pour la préservation de la biodiversité aviaire face à un virus désormais installé durablement dans la faune sauvage.
Cette avancée s’inscrit plus largement dans les efforts de protection de l’environnement et de suivi sanitaire de la faune, un sujet suivi de près tant par les acteurs de la recherche scientifique que par les professionnels de la santé animale.
Questions fréquentes
Pourquoi vacciner des manchots contre la grippe aviaire ?
Le virus H5N1 a causé une mortalité massive dans plusieurs colonies de manchots et d’oiseaux marins ces dernières années, y compris dans des zones jusque-là préservées comme l’archipel de Crozet. La vaccination vise à protéger les individus les plus exposés et à limiter l’impact sur des populations parfois déjà fragiles.
Ce vaccin est-il sans danger pour les animaux sauvages ?
Selon l’essai mené sur les manchots royaux de Crozet et publié dans Nature Communications, aucun effet indésirable n’a été constaté chez les animaux vaccinés durant les 250 jours de suivi, avec une réponse immunitaire jugée forte et durable après deux injections.
Ce dispositif pourrait-il être généralisé à d’autres espèces ?
Oui, c’est l’objectif affiché du projet pilote mené dans les six parcs zoologiques français : si les résultats se confirment sur la vingtaine d’espèces actuellement suivies, une extension à l’ensemble des espèces sensibles est envisagée pour la campagne 2027.
Sources
France 3 Régions Grand Est ·
ICI (France Télévisions) ·
Ceva Santé Animale
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale



