À quelques semaines de l’ouverture générale de la saison, la chasse au gibier d’eau se retrouve au cœur d’une controverse inhabituelle. En cause : une sécheresse jugée historique par plusieurs organismes, qui pousse des associations de protection de la nature à réclamer un report, tandis qu’une préfecture du sud de la France prépare, de son côté, une interdiction ciblée de la chasse dans des zones ravagées par les incendies de l’été. Deux mesures distinctes, mais un même constat : les conditions climatiques de 2026 obligent les autorités à revoir, au cas par cas, les règles habituelles de la pratique cynégétique.
Une sécheresse qui inquiète les défenseurs de la faune
Selon plusieurs relevés hydrologiques, une part importante des cours d’eau français présentait cet été un niveau d’assec ou de rupture d’écoulement bien supérieur à la normale saisonnière. Dans ce contexte, la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) a publiquement demandé le report de l’ouverture anticipée de la chasse au gibier d’eau, estimant que les points d’eau restants concentrent à la fois les espèces chassables — canards, limicoles — et des espèces protégées comme les cigognes ou les hérons, déjà affaiblies par la chaleur. L’association met en avant un risque de dérangement accru pour l’ensemble de la faune sauvage, contrainte de se regrouper sur des surfaces d’eau libre de plus en plus réduites.
Les fédérations de chasseurs rappellent de leur côté que le calendrier cynégétique reste, à ce stade, fixé par arrêté : l’ouverture anticipée du gibier d’eau est intervenue fin août, avant l’ouverture générale prévue mi-septembre selon les départements. Le débat illustre une tension récurrente entre gestion traditionnelle de la chasse et pêche et adaptation aux épisodes climatiques extrêmes, un sujet suivi de près par les acteurs de l’environnement.
Dans le Var, une interdiction ciblée sur les zones incendiées
Autre illustration de cette adaptation au cas par cas : dans le Var, département durement touché par des feux de forêt cet été, la préfecture a préparé un projet d’arrêté visant à interdire la chasse dans les secteurs boisés récemment incendiés. L’objectif affiché est de favoriser le repeuplement du petit gibier sur les surfaces brûlées, en laissant à la faune le temps de se réinstaller sans pression de chasse supplémentaire. Le sanglier ne serait pas concerné par cette restriction, la régulation de l’espèce restant jugée nécessaire pour limiter les dégâts agricoles.
Le projet de texte a été soumis pour avis à la commission départementale de la chasse et de la faune sauvage, une étape de consultation classique avant toute décision définitive. Ce type de mesure, temporaire et localisée, est régulièrement utilisé après un sinistre pour laisser un répit aux habitats naturels les plus fragilisés, un enjeu qui rejoint les problématiques suivies par les associations de protection des animaux.
Ce que cela change concrètement pour les chasseurs
- Les dates générales d’ouverture restent fixées département par département par arrêté préfectoral, entre la mi et la fin septembre selon les zones.
- Des restrictions ponctuelles peuvent s’ajouter localement en cas de sécheresse, d’incendie ou de risque sanitaire, sans remettre en cause le calendrier national.
- Les fédérations départementales de chasseurs restent l’interlocuteur de référence pour connaître les dates et zones concernées avant de partir en action de chasse ou de pêche.
- Le port d’un équipement fluorescent demeure obligatoire lors des battues au grand gibier, une règle de sécurité inchangée pour la saison.
Un équilibre à trouver chaque année
Au-delà de la polémique ponctuelle, cette séquence illustre une évolution de fond : la gestion de la chasse s’appuie de plus en plus sur des données environnementales en temps réel — niveau des nappes, état des cours d’eau, ampleur des incendies — plutôt que sur un calendrier figé une fois pour toutes. Les préfectures disposent d’une marge de manœuvre pour ajuster localement les règles, en concertation avec les fédérations de chasseurs et les associations naturalistes. Une manière de concilier une pratique traditionnelle avec la nécessité de préserver des écosystèmes déjà mis à rude épreuve par la sécheresse de 2026.
Questions fréquentes
Pourquoi la LPO demande-t-elle un report de la chasse au gibier d’eau ?
L’association estime que la sécheresse concentre les oiseaux, chassables ou protégés, sur un nombre réduit de points d’eau, ce qui augmenterait le risque de dérangement et de prélèvement excessif pendant cette période sensible.
La chasse est-elle totalement interdite dans le Var ?
Non. Le projet de la préfecture ne vise que les secteurs boisés récemment incendiés, dans le but de laisser le petit gibier se réinstaller ; la chasse du sanglier resterait possible pour limiter les dégâts causés aux cultures.
Les dates d’ouverture générale de la chasse changent-elles cette année ?
Le calendrier général reste fixé par arrêté préfectoral, département par département, généralement entre la mi et la fin septembre ; ce sont surtout des restrictions locales et temporaires qui s’ajoutent en fonction des conditions climatiques.
Sources
- France Info — Le Var prépare une interdiction de la chasse dans les zones incendiées
- LPO — Communiqué demandant le report de l’ouverture de la chasse aux oiseaux d’eau
- L’Info Durable — Sécheresse : la LPO demande le report de l’ouverture de la chasse
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale



