Depuis des années, l’intérim fait du portage salarial sans le dire. Certaines sociétés d’intérim appellent ça de la « gestion administrative de ressources ».

Dans certains cas, c’est l’intérimaire qui amène le client, dans d’autres c’est le client qui envoie ce dernier vers la société d’intérim référencée auprès d’elle ; dans tous les cas, c’est l’intérim qui fait de l’additionnel.

Sur un chiffre d’affaires 2008 de 20,8 milliards d’euros pour l’ensemble de la profession (source : Observatoire du travail temporaire), cela représente en moyenne 10 %, soit près de 2 milliards d’euros (estimation de ma part).

S’y ajoutent plus de 450 millions d’euros réalisés par les sociétés de la Fédération nationale du portage salarial (FeNPS), du Syndicat national des entreprises de portage salarial (SNEPS), de l’Union des entreprises de portage spécialisées (UNEPS) ainsi que des entreprises non membres de structures représentatives, compte non tenu des prévisions de forte croissance du secteur suite à la réglementation de cette activité.

Nous avons un marché qui attire toutes les convoitises, dont celle des acteurs de l’intérim.

La position actuelle de l’intérim est de réserver aux cadres l’usage du portage salarial. On voit très bien leur intérêt car ça ne donnerait pas accès aux marchés de « gestion administrative de ressources » à ses concurrents, marchés qui resteraient donc pour eux captifs.

L’intérim a un autre intérêt pour le portage salarial : les cadres

En effet, l’intérim a du mal à toucher ce segment de marché, puisqu’il y a uniquement 1,6 % de cadres dans leurs effectifs d’intérimaires en 2008 (source : Observatoire du travail temporaire). Peut-être parce qu’ils sont plus « autonomes »…

Comment concilier autonomie et sécurité, voilà la vraie question

Autonomie et sécurité : c’est bien ce que recherchent les porteurs de projet qui utilisent le portage salarial.

Mais seront-ils vraiment autonomes et propriétaires de leur clientèle en passant par une solution de portage salarial proposée par une société d’intérim ?

La question se pose vu qu’il existe des milliers d’agences d’intérim en France et des dizaines de milliers de contrats-cadres passés avec des sociétés clientes (TPE, PME, grands compte, etc.).

Comment garantir aux portés que le client qu’il amènera à la société d’intérim ne sera pas, au mieux, démarché par cette dernière pour la vente d’autres prestations, au pire, contacté le jour même par la société d'intérim, parce que l'entreprise est déjà cliente, afin de lui proposer un autre profil avec de meilleures marges pour la STT ?

Franck MARCQ, PDG du groupe Ventoris

Source : http://www.ventoris.fr

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