Un bouquet acheté chez le fleuriste du coin a de fortes chances de ne jamais avoir poussé en France. Selon une enquête publiée fin août par Le Parisien, près de 85 % des fleurs coupées vendues dans l’Hexagone sont importées, principalement des Pays-Bas, plaque tournante mondiale du commerce floral, mais aussi du Kenya, de Colombie ou d’Équateur. Face à ce constat, une partie des professionnels et des acheteurs cherche désormais à identifier et à privilégier les fleurs réellement produites en France.
Un marché dominé par l’importation
Le circuit classique des fleurs coupées passe presque toujours par les grandes places de marché néerlandaises avant d’arriver chez les grossistes puis les fleuristes français. D’après les données de la filière compilées par VALHOR, l’interprofession de l’horticulture et du paysage, les bouquets préparés représentent près des trois quarts des dépenses des Français en fleurs coupées, contre environ un cinquième pour les fleurs vendues à la pièce. En 2025, 29 % des foyers français ont acheté au moins un bouquet, et les roses restent la fleur la plus demandée, choisies par 22 % des acheteurs.
Cette dépendance aux importations n’est pas nouvelle : la floriculture française, autrefois puissante, avait été largement fragilisée dans les années 1970 par la concurrence néerlandaise. Mais le secteur amorce une reconstruction, portée par deux bassins de production historiques qui concentrent aujourd’hui plus de 80 % de la culture nationale : la région Provence-Alpes-Côte d’Azur et le Grand Ouest (Pays de la Loire, Bretagne).
Comment repérer une fleur vraiment française
Pour le consommateur, distinguer une fleur locale d’une fleur importée n’a rien d’évident à l’œil nu. Plusieurs repères permettent toutefois de s’y retrouver :
- Le label Fleurs de France, créé en 2015, garantit une provenance française et des méthodes de culture respectueuses de l’environnement ; les fleurs labellisées proviennent principalement du Var, du Finistère ou des Alpes-Maritimes.
- Le Collectif de la Fleur Française, qui fédère des producteurs engagés dans une démarche de circuits courts et de saisonnalité.
- La saisonnalité elle-même : une pivoine en décembre ou un tournesol en février ont statistiquement de très fortes chances de venir de serres étrangères.
- La question directe au fleuriste sur l’origine du bouquet, de plus en plus de commerçants affichant volontairement la provenance de leurs fleurs pour valoriser leur travail auprès de producteurs locaux.
La « slow flower », une tendance qui prend racine
Ce mouvement, importé des pays anglo-saxons et relayé notamment par les analyses économiques de Bpifrance, encourage les fleuristes à s’approvisionner en circuits courts, à respecter les saisons et à limiter l’usage de mousse florale plastique. Plus d’une cinquantaine de nouvelles fermes florales verraient le jour chaque année en France, portées par une génération de producteurs et d’apprentis fleuristes sensibles à l’impact environnemental de la filière. La filière française des fleurs coupées ne couvrirait toutefois encore qu’environ 15 % de la consommation nationale, selon les estimations professionnelles du secteur.
Un plan de structuration porté par les organisations professionnelles fixe un horizon à 2030 pour renforcer la part de production nationale, sans que l’objectif chiffré fasse consensus au sein d’une filière encore très dépendante de ses fournisseurs étrangers.
Pourquoi ce choix a un impact concret
Au-delà de la fraîcheur — une fleur locale voyage souvent quelques dizaines de kilomètres contre plusieurs milliers pour une rose kényane transportée par avion réfrigéré —, privilégier une fleur française soutient aussi l’emploi agricole dans des bassins comme le Var ou la Bretagne, où plusieurs exploitations se convertissent actuellement à l’agriculture biologique. Cela reste toutefois souvent un peu plus coûteux qu’un bouquet importé produit à grande échelle.
Pour aller plus loin, on peut aussi se tourner vers des choix de produits biologiques pour la décoration florale, s’intéresser aux pratiques de jardin et plantes pour cultiver soi-même quelques variétés de saison, ou suivre l’actualité plus large de l’environnement et des filières agricoles françaises.
Questions fréquentes
Comment savoir si les fleurs de mon fleuriste sont françaises ?
Le plus simple est de demander directement l’origine au commerçant : de plus en plus de fleuristes l’affichent spontanément. Le label Fleurs de France et le Collectif de la Fleur Française sont aussi des repères fiables lorsqu’ils sont mentionnés en boutique.
Les fleurs françaises sont-elles forcément plus chères ?
Généralement un peu, car les volumes produits sont plus faibles que ceux des grandes places néerlandaises et la main-d’œuvre locale coûte davantage. L’écart reste cependant souvent limité, surtout pour les fleurs de saison achetées directement auprès des producteurs.
Quelles régions produisent le plus de fleurs coupées en France ?
Deux bassins concentrent l’essentiel de la production : la Provence-Alpes-Côte d’Azur, historiquement tournée vers l’horticulture méditerranéenne, et le Grand Ouest, notamment la Bretagne et les Pays de la Loire.
Sources
- VALHOR — Marché des fleurs coupées en France
- France Fleurs — Le label Fleurs de France
- Bpifrance — La slow flower, comment la fleur française reprend racine
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale



