Derrière le bouquet acheté chez le fleuriste du coin se cache une réalité économique moins connue : la France importe la grande majorité des fleurs coupées qu’elle consomme. Face à ce constat, la filière horticole a présenté en 2026 un plan de souveraineté pour les fleurs coupées, dans l’espoir de relocaliser une part croissante de la production sur le territoire national.
Une dépendance forte aux importations
Selon les données de VALHOR, l’interprofession de l’horticulture, du fleuriste et du paysage, et de FranceAgriMer, le déficit commercial de la filière fleurs coupées atteignait environ 922 millions d’euros en 2024, pour près d’un milliard d’euros d’importations annuelles. La production française, elle, est estimée à un peu plus de 200 millions de tiges par an, très majoritairement concentrée dans deux régions : la Provence-Alpes-Côte d’Azur et les Pays de la Loire, qui rassemblent à elles seules plus de 80 % des volumes cultivés en France.
Cette situation s’explique en partie par la concurrence de pays producteurs à bas coûts de main-d’œuvre, comme les Pays-Bas, plaque tournante du commerce mondial des fleurs, ou certains pays d’Afrique de l’Est et d’Amérique du Sud. Résultat : une large partie des roses, tulipes ou chrysanthèmes vendus en France n’y ont jamais poussé.
Le plan de souveraineté, une réponse structurelle
Présenté au ministère de l’Agriculture, le plan porté par VALHOR vise à structurer davantage la filière : soutien à l’investissement dans les exploitations horticoles, simplification réglementaire, recherche variétale adaptée au climat français, et surtout meilleure valorisation des fleurs « made in France » auprès du grand public.
C’est dans ce cadre qu’est né le label « Fleurs de France », attribué aux bouquets dont plus de la moitié des composants ont été cultivés sur le territoire national. Un repère simple, pensé pour aider les consommateurs à faire un choix éclairé au moment de pousser la porte d’une boutique.
Des consommateurs prêts à jouer le jeu
Le potentiel existe : selon les enquêtes de la filière, près de 79 % des consommateurs se disent prêts à acheter davantage de fleurs françaises si l’origine leur était clairement indiquée. Or aujourd’hui, l’étiquetage d’origine reste rarement systématique en dehors des circuits courts et de certains fleuristes indépendants engagés dans la démarche.
Pour les quelque 7 700 points de vente de fleuristes recensés en France, dont plus d’un tiers fonctionnent sans salarié, cette évolution représente à la fois un défi logistique et une opportunité de différenciation face aux jardineries et à la grande distribution, qui captent une part croissante des ventes de fleurs.
- Demandez systématiquement l’origine des fleurs à votre fleuriste : la plupart des professionnels engagés l’affichent volontiers.
- Repérez le label « Fleurs de France » sur les bouquets et compositions.
- Privilégiez les espèces de saison, plus susceptibles d’être cultivées localement.
- Pensez aux marchés aux fleurs et circuits courts, souvent plus transparents sur la provenance.
Au-delà du geste d’achat, ce mouvement s’inscrit dans une tendance plus large autour du jardin et des plantes, où l’origine et la saisonnalité deviennent des critères de choix à part entière, y compris pour les idées cadeaux végétales. Une piste supplémentaire à ajouter à sa liste de bons plans du quotidien pour concilier plaisir et consommation responsable.
Questions fréquentes
Pourquoi la France importe-t-elle autant de fleurs coupées ?
La production française ne couvre qu’une petite partie de la demande nationale, notamment face à des pays comme les Pays-Bas qui dominent la logistique et les coûts de production à grande échelle.
Qu’est-ce que le label « Fleurs de France » ?
C’est une identification attribuée aux bouquets dont plus de la moitié des composants ont été cultivés en France, destinée à aider les consommateurs à repérer l’origine des fleurs achetées.
Comment savoir si les fleurs de mon bouquet sont françaises ?
En interrogeant directement le fleuriste sur la provenance, en recherchant le label dédié, ou en privilégiant les fleurs de saison et les circuits courts, plus rarement approvisionnés à l’étranger.
Sources
VALHOR – Marché des fleurs coupées en France
FranceAgriMer – Filière horticulture
FloralDaily – What is the French cut flower sector doing to remain competitive?



