Sur le papier, les deux groupes appartiennent au même univers du luxe français. Mais leurs résultats du premier semestre 2026 racontent deux histoires très différentes pour la maroquinerie : chez Hermès, le sac reste une machine de guerre commerciale ; chez LVMH, la division Mode et Maroquinerie sort tout juste d’une longue traversée du désert.
Hermès, la maroquinerie comme moteur intact
Le groupe familial a publié un chiffre d’affaires consolidé de 8,2 milliards d’euros au premier semestre 2026, en hausse de 6% à taux de change constants. Le métier Maroquinerie-Sellerie, cœur historique de la maison, a lui progressé de 10%, porté par la forte désirabilité des collections et par l’ouverture d’une 25e maroquinerie à Loupes, en Gironde, en avril dernier. Trois nouveaux ateliers sont déjà annoncés en France : Charleville-Mézières en 2027, Colombelles en 2028 et Les Andelys en 2030.
Cette stratégie d’investissement continu dans l’outil de production français, combinée à une clientèle mondiale qui ne se dément pas, permet à Hermès d’afficher un résultat opérationnel courant de 3,4 milliards d’euros, soit une marge de 41% des ventes.
LVMH : la mode et la maroquinerie sortent la tête de l’eau
Chez le numéro un mondial du luxe, le constat est plus contrasté. Le groupe a réalisé un chiffre d’affaires de 38,6 milliards d’euros sur la période, en croissance organique de 2%, pour un résultat net stable à 5,7 milliards d’euros. La division Mode et Maroquinerie — qui pèse à elle seule 18,1 milliards d’euros, soit près de la moitié du chiffre d’affaires du groupe — a renoué avec la croissance organique au deuxième trimestre, à hauteur de +1%. Un chiffre modeste, mais qui marque la première progression trimestrielle après sept trimestres consécutifs de repli, une séquence de ralentissement entamée au troisième trimestre 2024.
Le résultat opérationnel courant du groupe recule pour sa part de 4%, à 8,69 milliards d’euros, dans un contexte où la demande chinoise reste atone malgré une performance solide sur d’autres zones géographiques.
Deux modèles, deux réponses à la même conjoncture
Cette divergence illustre une fracture plus large dans le secteur du luxe : les maisons les plus exclusives, à la production volontairement rationnée et concentrée sur un savoir-faire artisanal français, résistent mieux au ralentissement de la demande mondiale que les groupes multi-marques dont le portefeuille est plus exposé aux variations de la mode et aux marchés émergents. La stratégie d’Hermès, qui limite volontairement sa croissance de production pour préserver la rareté de ses modèles, se traduit par une désirabilité qui semble peu affectée par le ralentissement économique.
Pour les territoires français concernés, l’enjeu dépasse la seule performance boursière : chaque nouvelle maroquinerie représente des centaines d’emplois qualifiés, dans une filière cuir qui recrute activement partout en France.
Ce qu’il faut retenir
- Hermès : maroquinerie en hausse de 10%, quatre nouveaux ateliers programmés en France jusqu’en 2030.
- LVMH : la Mode et Maroquinerie renoue avec une croissance de +1% après sept trimestres de baisse.
- Le luxe le plus exclusif résiste mieux que les portefeuilles de marques plus larges face au ralentissement de la demande chinoise.
- Ces résultats ont un impact direct sur l’emploi dans les bassins industriels du cuir en France.
Pour suivre l’actualité du secteur, retrouvez nos articles Bagages – Maroquinerie, ainsi que nos rubriques Économie – Finance et Emploi.
Questions fréquentes
Pourquoi la maroquinerie d’Hermès résiste-t-elle mieux que celle de LVMH ?
Hermès limite volontairement le volume de sa production pour préserver la rareté et la désirabilité de ses modèles, une stratégie qui la rend moins dépendante des variations de la demande que les portefeuilles multi-marques plus larges de LVMH.
Combien de maroquineries Hermès va-t-elle ouvrir en France ?
Après la 25e maroquinerie inaugurée à Loupes en avril 2026, trois nouveaux ateliers sont programmés : Charleville-Mézières en 2027, Colombelles en 2028 et Les Andelys en 2030.
La division Mode et Maroquinerie de LVMH est-elle sortie de la crise ?
Elle renoue avec une croissance organique de 1% au deuxième trimestre 2026, après sept trimestres consécutifs de baisse, mais ce chiffre reste modeste et la demande chinoise demeure atone.
Sources
- GlobeNewswire – Hermès International : résultats du 1er semestre 2026
- Investing.com – LVMH bat le consensus au S1 2026, la mode renoue avec la croissance
- BFM Bourse / Tradingsat – La division Mode et Maroquinerie de LVMH renoue avec la croissance
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale



