Deux cents ans après la première image fixée par Nicéphore Niépce, la France s’apprête à célébrer le bicentenaire de la photographie. Le ministère de la Culture a confirmé un programme couvrant septembre 2026 à septembre 2027, avec un geste symbolique fort : le retour en France, pour la première fois depuis 1827, du « Point de vue du Gras », considérée comme la plus ancienne photographie connue au monde et habituellement conservée au Harry Ransom Center, au Texas. Elle sera présentée au musée Niépce. Mais derrière la célébration patrimoniale, c’est tout un pan de l’économie de la photo qui se retrouve sous les projecteurs : celui du tirage et de la pellicule argentique, devenus un marché de niche de plus en plus onéreux.
Un bicentenaire officiel, de 2026 à 2027
L’anniversaire retient 1826 comme point d’ancrage, même si les historiens ont longtemps débattu entre 1826 et 1827 pour dater l’héliographie de Niépce, réalisée sur une plaque d’étain poli recouverte de bitume de Judée. Expositions, prêts exceptionnels et manifestations sont annoncés dans plusieurs villes, Chalon-sur-Saône en tête, berceau de l’inventeur. Pour les passionnés d’argentique, c’est l’occasion de remettre en lumière une pratique qui a connu un regain d’intérêt ces dernières années, porté par une génération qui n’a pourtant jamais connu l’ère pré-numérique.
Ce que révèle la hausse des prix de la pellicule
Ce retour en grâce a un prix. Une pellicule couleur 35 mm de qualité coûte aujourd’hui entre 10 et 20 euros selon les références, les pellicules haut de gamme comme la Kodak Portra 400 avoisinant les 20 euros. Il faut y ajouter le développement, facturé entre 8 et 12 euros, et le scan des négatifs. Au total, un rouleau de 36 poses revient désormais entre 20 et 45 euros une fois la photo développée et numérisée, contre une fraction de ce montant il y a encore quinze ans.
- Pellicule couleur 35 mm : de 10 à 20 € selon la marque
- Pellicule noir et blanc (type Ilford HP5) : de 10 à 14 €
- Développement en laboratoire : de 8 à 12 €
- Coût total par pellicule, développement et scan compris : 20 à 45 €
Les professionnels du secteur évoquent aussi des ruptures de stock régulières sur la pellicule et les produits chimiques de développement, qui les obligent à constituer des réserves importantes pour continuer à travailler sans interruption. Comme le tirage photo fait son grand retour face au tout-numérique, cette tension sur les approvisionnements n’est pas près de se résorber à court terme.
Une filière qui se réinvente entre nostalgie et premium
Face à ces coûts, l’argentique se repositionne clairement comme une pratique « premium », à l’opposé de la photographie jetable des années 1990. Les fabricants l’ont bien compris : à l’image de la photographie instantanée qui a dépassé les 100 millions d’appareils vendus, le marché mise désormais sur l’expérience et l’objet physique plutôt que sur le volume. Le bicentenaire tombe à point nommé pour les laboratoires spécialisés, qui espèrent profiter de l’exposition médiatique pour faire découvrir leurs services de tirage à un public plus large, curieux de renouer avec un geste disparu avec le smartphone.
Cette dimension patrimoniale rejoint d’ailleurs un mouvement plus large de valorisation de l’accès à la culture : à l’image du Pass Patrimoine qui ouvre les portes de 500 monuments, plusieurs institutions cherchent à rendre la culture photographique plus accessible, alors même que la pratique argentique elle-même devient un loisir coûteux.
Questions fréquentes
Pourquoi 2026 marque-t-il le bicentenaire de la photographie ?
Parce que Nicéphore Niépce a fixé la première image photographique connue, le « Point de vue du Gras », vers 1826-1827, à Saint-Loup-de-Varennes. L’année 1826 a été retenue comme point de départ officiel des célébrations.
Combien coûte réellement une photo en argentique aujourd’hui ?
En comptant la pellicule, le développement et le scan des négatifs, il faut généralement compter entre 20 et 45 euros pour un rouleau de 36 poses, selon le type de film et le laboratoire choisi.
Où voir le « Point de vue du Gras » pendant le bicentenaire ?
La plaque originale, habituellement conservée aux États-Unis, doit être présentée en France dans le cadre d’un prêt exceptionnel lié aux célébrations du bicentenaire, qui s’étalent de septembre 2026 à septembre 2027.
Sources
Ministère de la Culture —
Phototrend —
Pelloche.com
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale



