Question de justice, de choix ou de mensonges…. ?

A l’heure des préparatifs de Noël, Mme Bachelot emballe sa réforme d’un papier… d’affichage !
En effet, interviewée ce matin sur RTL, elle a dévoilé les propositions concernant la réforme du statut des infirmiers et des infirmières de la fonction publique hospitalière.
A la question du journaliste, sur les salaires infirmiers, elle répond : « Les infirmières seront revalorisées de 2500 € /an soit l’équivalent d’un 13ème mois ». …
Inadmissible et indécent d’entendre cette déclaration pour notre organisation syndicale qui travaille depuis des années pour faire reconnaître notre profession et obtenir des salaires en adéquation avec nos compétences et nos responsabilités.
Inadmissible et indécent pour la profession qui aujourd’hui est en grande souffrance dans nos hôpitaux.
Qu’en est il réellement ?

Question de justice :
Les infirmiers et infirmières voulaient une vrai licence ils ont obtenu un grade Licence qui n’ouvre pas les mêmes droits en terme d’études et de perspectives.

Question de choix :
Les nouveaux diplômés de 2012 n’auront plus le choix ils auront la retraite d’office à 60 ans.
Les « déjà diplômés » eux seront revalorisés de quelques euros s’ils souhaitent conserver leur départ en retraite à 55 ans.

Question de mensonges :
Un vrai mensonge de déclarer que chaque infirmier sera revalorisé de 2500 € / an avec la catégorie A.

Cette annonce choc ne concernera seulement qu’une poignée d’infirmiers et d'infirmières, qui dans l’éventualité d’une fin de carrière très tardive, pourraient atteindre le dernier échelon de la classe supérieure et ainsi obtenir ce 13ème mois.

Les véritables chiffres parlent d’eux-mêmes :
Une augmentation brute de 45 € par mois en début de carrière et de 114 € par mois en fin de carrière dans l’hypothèse d’un passage en catégorie A.
Une augmentation brute de 38 € par mois en début de carrière et de 79 € par mois en fin de carrière si les infirmiers et infirmières diplômés d’avant 2012, décident de partir à 55 ans.
La réalité des propositions est bien éloignée d’un 13ème mois, ne croyez-vous pas Mme Bachelot ?

De plus, le critère de la pénibilité passe à la trappe. Doit-on supposer qu’avec un peu plus d’argent le métier devient moins pénible ? La catégorie A est fonction du statut et ne doit pas être un critère pris en compte pour organiser la réforme des retraites des infirmiers et infirmières.

Ce chantage à la catégorie A contre un allongement des départs en retraite est une provocation de plus.

Exercer à l’hôpital ne séduit plus ! Il est urgent de restaurer l’attractivité de notre profession et cela passe par une réelle revalorisation salariale et une amélioration des conditions de travail.

Mme Bachelot parle de la plus forte augmentation de salaire jamais connue par la profession et pour cause nous avons été régulièrement oubliés !
Est-ce pour autant à nous de régler l’addition ?

La réforme représente en effet un coût d’investissement mais en réalité elle se trouve autofinancée par l’allongement de la carrière !

Les températures hivernales de ces derniers jours ont jeté un froid sur la France mais là, cette annonce mensongère, ne peut que glacer et crisper tous les professionnels de santé !

Les chauffeurs routiers ont menacé, ils ont obtenu.
Doit-on à notre tour menacer pour enfin faire entendre notre voix ?

Nathalie DEPOIRE
Présidente CNI
Contact presse : 06 64 41 78 65

Le site référencé ici est disponible à cette adresse : http://www.coordination-nationale-infirmiere.org