Grand public et collectivités, petits et grands… Chacun a un rôle à jouer dans la préservation de la nature et de la biodiversité.
C’est ce que www.spipoll.fr propose à tous en permettant d’intégrer un programme scientifique de dimension nationale et de participer à un inventaire géant de la biodiversité.
SPIPOLL est l’acronyme de Suivi Photographique des Insectes POLLinisateurs.
Ce nouveau dispositif s’inscrit dans la dynamique de développement des sciences participatives initiée par le Muséum ainsi que dans les actions d’éducation et de sauvegarde de la biodiversité menées par l’Opie. Il se présente sous la forme d’un site internet inédit qui invite tous les amoureux de nature à constituer une ou plusieurs collections de photos d’insectes pollinisateurs et à les partager sur le site www.spipoll.fr.
Pour participer à ce projet unique en France, nul besoin de connaissances naturalistes. Il suffit d’un appareil photo numérique et d’un peu de temps.

L’originalité du projet : un protocole scientifique permettant à tous les photographes amateurs d’identifier eux-mêmes les insectes pollinisateurs qui les entourent. Les informations récoltées, couplées à des données climatiques ou de typologie d’habitat et d’occupation des sols, permettront par la suite la construction des indicateurs et des scénarios de biodiversité, ou bien encore l’aide à la prise de décision pour l’aménagement du territoire.

Mais qui sont réellement les insectes pollinisateurs ?
L’abeille domestique (Apis mellifera) est l’insecte pollinisateur le plus connu du grand public. Toutefois, cette espèce d’abeille, emblème de la pollinisation, en cache une multitude d’autres. Certains insectes butineurs participent également à la pollinisation, comme les lépidoptères (papillons de jour, papillons de nuit), les coléoptères (cétoines, longicornes…), les diptères (mouches, syrphes, bombyles, tachinides et autres…) et surtout les hyménoptères (abeilles, bourdons, guêpes) pour un total de plusieurs milliers d’espèces butineuses différentes.
Ces insectes remplissent un rôle fondamental dans le fonctionnement et la stabilité des écosystèmes terrestres. La très grande majorité des espèces de plantes sont dites entomogames, c’est-à-dire que leur pollinisation se fait par les insectes : du pollen est transporté d’une fleur à l’autre, assurant la fécondation et la production de graines, ainsi qu’un brassage des gênes dans les populations de végétaux, ce qui est important pour leur adaptation sur le long terme et pour le maintien de la diversité du vivant. C’est aussi le cas de 80 % des espèces de plantes cultivées par l’Homme et 35 % en volume de notre alimentation.

Actuellement, on observe en France et en Europe une diminution de la diversité des insectes pollinisateurs, ce qui entraine des conséquences sur le fonctionnement et les capacités d’adaptation des écosystèmes. Plusieurs facteurs sont en jeu et interagissent :
• l’utilisation intensive de l’espace aussi bien dans les villes que dans les zones rurales, provoquant par exemple la disparition de multiples micro-habitats indispensables pour la reproduction et l’alimentation de nombreuses espèces d’abeilles sauvages,
• l’usage des pesticides (insecticides et herbicides), dans le domaine de l’agriculture, dans les zones urbanisées ou chez les particuliers.
2010, Année internationale de la biodiversité ! 2010 a été déclarée Année internationale de la biodiversité par l’Organisation des Nations Unies. Véritable tissu du vivant, la biodiversité recouvre l’ensemble des formes de vie sur Terre et les relations qui existent entre elles et leurs milieux. Elle est indispensable à notre vie. Cette année est donc plus que jamais l’occasion de l’observer en lançant une expérience géante de science participative. Avec 60 millions d’observateurs sélectionnés, la nature a un meilleur avenir devant elle.
SPIPOLL, en ligne le 21 mai

Le site référencé ici est disponible à cette adresse : http://www.spipoll.fr