Le dioxyde de titane n’a pas disparu des pharmacies. Alors que cet additif blanchissant est interdit dans l’alimentation depuis 2020, une nouvelle enquête de 60 Millions de Consommateurs, publiée à la mi-octobre, révèle qu’il reste utilisé dans plus de 4 000 spécialités pharmaceutiques, le plus souvent pour enrober les comprimés ou différencier les dosages. La notice le mentionne, mais rarement sa forme nanoparticulaire.
Un additif controversé toujours présent dans les comprimés
Le dioxyde de titane, aussi connu sous le code E171 dans l’alimentaire, sert dans les médicaments à colorer l’enrobage, à opacifier une gélule ou à rendre lisible l’inscription du dosage sur un comprimé. Son interdiction dans les denrées alimentaires, décidée au nom du principe de précaution après des doutes sur sa génotoxicité potentielle en forme nanométrique, ne s’étend pas au secteur pharmaceutique, où la réglementation reste plus permissive.
Pourquoi l’étiquetage pose question
L’enquête pointe un déséquilibre entre la présence réelle de l’additif et l’information donnée au patient :
- Le dioxyde de titane figure dans la liste des excipients de la notice, comme l’exige la réglementation.
- La mention « nano » qui accompagne l’additif dans l’alimentaire n’est, elle, pratiquement jamais indiquée sur les boîtes de médicaments.
- Aucune alternative n’est proposée au patient qui souhaiterait éviter cet excipient pour un traitement donné.
- Les autorités sanitaires européennes considèrent à ce jour que l’exposition par voie orale via les médicaments reste trop faible pour justifier une interdiction, faute de données suffisantes.
Ce que cela change concrètement pour les patients
Dans l’immédiat, aucune mesure de retrait n’est annoncée : les patients n’ont pas à interrompre un traitement prescrit sur la seule base de cette information. La prudence reste la même que pour toute automédication : en cas de doute sur la composition d’un médicament, l’avis d’un pharmacien ou d’un médecin reste la référence, plutôt qu’une recherche isolée sur un excipient.
Ce travail s’ajoute à une série d’enquêtes récentes menées par les associations de consommateurs sur la composition réelle des produits du quotidien. 60 Millions de Consommateurs avait par exemple déjà documenté la présence de cadmium dans certaines pâtes alimentaires, tout comme une précédente enquête s’était penchée sur le mercure présent dans le thon en boîte. Le fil commun de ces publications : rendre visible ce que l’étiquetage officiel ne détaille pas toujours clairement.
Questions fréquentes
Le dioxyde de titane est-il interdit dans les médicaments ?
Non. Il reste autorisé comme excipient pharmaceutique, à la différence de l’alimentaire où il est interdit depuis 2020. Les autorités sanitaires jugent l’exposition par cette voie insuffisamment documentée pour justifier une interdiction immédiate.
Faut-il arrêter un médicament qui en contient ?
Non, sauf avis contraire d’un professionnel de santé. Aucune agence sanitaire ne recommande d’interrompre un traitement sur la seule base de la présence de cet excipient.
Comment savoir si un médicament contient du dioxyde de titane ?
L’information figure dans la liste des excipients de la notice, sous son nom ou son code E171, mais sans précision systématique sur sa forme nanoparticulaire.
Sources
- UFC-Que Choisir / 60 Millions de Consommateurs
- E-Santé.fr
- Sénat — Question sur le dioxyde de titane dans les médicaments
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale



