Après le mercure retrouvé dans le thon en boîte, c’est un autre incontournable des placards français qui passe sous la loupe : dans son numéro de septembre, 60 Millions de Consommateurs a testé 36 références de pâtes industrielles, spaghetti et penne rigate confondus. Résultat : près de huit paquets sur dix contiennent des traces de cadmium, un métal lourd surveillé de près par les autorités sanitaires. Mais le magazine est clair sur un point essentiel : aucun échantillon ne dépasse le seuil réglementaire européen.
Un test sur 36 références, huit paquets sur dix concernés
L’enquête a porté à parts égales sur des spaghetti et des penne rigate vendus en grande distribution. Sur les 36 références analysées, la grande majorité affichait des traces de cadmium, à des concentrations variables selon les marques et le type de blé utilisé. Les pâtes complètes, dont l’enveloppe du grain est conservée, ressortent globalement plus concernées que les pâtes blanches : le cadmium a en effet tendance à se concentrer dans les couches externes du grain.
Le cadmium, un métal lourd sous surveillance
Le cadmium est un métal présent naturellement dans certains sols, mais dont la concentration peut augmenter avec l’usage d’engrais phosphatés ou certaines activités industrielles. Classé cancérogène, mutagène et reprotoxique par les autorités sanitaires européennes, il peut, en cas d’exposition chronique et prolongée, favoriser des atteintes rénales et une fragilité osseuse. Pour les non-fumeurs, l’alimentation représente la quasi-totalité de l’exposition, le pain, les biscottes et les pommes de terre figurant parmi les principaux contributeurs, bien avant les pâtes.
Des seuils déjà resserrés par la réglementation européenne
C’est justement parce que le sujet est pris au sérieux que la réglementation européenne a durci plusieurs seuils ces dernières années : la limite pour le riz blanchi non étuvé est ainsi passée de 0,20 à 0,15 mg/kg, tandis que les pommes de terre épluchées sont plafonnées à 0,10 mg/kg. Les agences sanitaires, dont l’Anses en France, recommandent par ailleurs d’abaisser la teneur en cadmium tolérée dans les engrais, pour réduire la contamination des sols agricoles à la source plutôt que de se contenter d’ajuster les seuils dans l’assiette.
Ce que cette enquête change concrètement pour les consommateurs
- Aucune référence testée ne dépasse la limite légale : il n’y a donc pas lieu de bannir les pâtes de son alimentation, mais plutôt de diversifier ses sources de féculents plutôt que d’en consommer un seul type en grande quantité.
- Alterner pâtes blanches et pâtes bio ou semi-complètes permet de varier les profils d’exposition, sans renoncer aux bénéfices nutritionnels des céréales complètes.
- Cette publication s’inscrit dans une tendance de fond où la santé devient un critère de choix alimentaire prioritaire pour les Français, devant les considérations purement écologiques.
- Elle rejoint aussi la dynamique observée autour des produits biologiques, dont la consommation repart à la hausse en France, les acheteurs cherchant à limiter leur exposition aux résidus et contaminants.
En creux, cette nouvelle enquête illustre surtout la vigilance croissante des associations de consommateurs sur la composition des produits du quotidien, pâtes comme conserves de poisson, sans pour autant justifier une inquiétude disproportionnée tant que les seuils réglementaires sont respectés.
Questions fréquentes
Faut-il arrêter de manger des pâtes après cette enquête ?
Non. Aucune des 36 références testées par 60 Millions de Consommateurs ne dépasse le seuil réglementaire européen de cadmium. L’enquête invite surtout à varier les sources de féculents plutôt qu’à exclure les pâtes de son alimentation.
Pourquoi les pâtes complètes contiennent-elles parfois plus de cadmium ?
Le cadmium a tendance à se concentrer dans les couches externes du grain de blé, qui sont conservées dans la fabrication des pâtes complètes mais retirées lors du raffinage des pâtes blanches.
D’où vient le cadmium présent dans les céréales ?
Il provient principalement des sols agricoles, où sa concentration peut être renforcée par l’usage d’engrais phosphatés et certaines pollutions industrielles historiques.
Sources
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale



