La chasse au grand tétras et au lagopède alpin est désormais interdite sur tout le territoire métropolitain. Deux arrêtés, signés le 12 août puis le 3 septembre 2026 et publiés au Journal officiel le 8 septembre, retirent définitivement ces deux oiseaux de montagne de la liste des espèces chassables pour les inscrire parmi les espèces protégées. Une décision qui vient clore plusieurs années de bataille juridique, et qui ne satisfait pas les fédérations de chasseurs de montagne.
Deux moratoires transformés en interdiction définitive
Le grand tétras faisait déjà l’objet d’un moratoire de cinq ans depuis une décision du Conseil d’État du 1er juin 2022. Le lagopède alpin, lui, a rejoint cette liste plus récemment : le 2 mars 2026, le Conseil d’État a annulé le refus de la ministre chargée de la chasse d’imposer un moratoire similaire, et lui a ordonné de prendre un décret suspendant sa chasse pour cinq ans. Avec les arrêtés d’août et septembre 2026, les deux ministères concernés (Transition écologique et Agriculture) ont choisi d’aller plus loin qu’un simple moratoire temporaire en classant directement les deux espèces parmi les oiseaux protégés à l’échelle nationale.
Le ministère de la Transition écologique justifie cette décision par un déclin des populations observé depuis plusieurs décennies dans les massifs alpins et pyrénéens, où vivent ces galliformes de montagne particulièrement sensibles au dérangement et à la fragmentation de leur habitat.
Ce que change concrètement l’interdiction
- Le prélèvement, la détention et le transport du grand tétras et du lagopède alpin sont désormais interdits sur tout le territoire métropolitain, sans limite de durée.
- La mesure s’applique dès la saison de chasse 2026-2027, qui vient tout juste de débuter dans la moitié sud du pays.
- Les fédérations départementales devront adapter leurs plans de chasse et leurs quotas pour les autres espèces de montagne, sans compensation prévue à ce stade.
Ce durcissement s’inscrit dans un contexte de révision plus large des règles de la saison 2026-2027, marquée également par le renforcement des consignes de sécurité, comme l’a montré l’extension du port du gilet fluorescent à tous les types de chasse.
La colère des fédérations de chasseurs de montagne
Plusieurs fédérations départementales de chasseurs, notamment dans les Pyrénées-Atlantiques, dénoncent une décision qu’elles jugent « dogmatique et contre-productive ». Leur argument : protéger une espèce ne se limite pas à interdire son prélèvement, cela suppose aussi de restaurer les habitats et de réguler les prédateurs qui pèsent sur ces populations. Ce point de vue reste pour l’instant celui des seules organisations cynégétiques ; il ne fait pas consensus chez les associations naturalistes, plutôt favorables à une protection stricte après des décennies de déclin documenté.
Cette tension rappelle celle observée récemment autour d’autres espèces sensibles à la chasse, comme lors des restrictions imposées à la chasse au gibier d’eau pendant la sécheresse, ou des ajustements de quotas sur des espèces comme la tourterelle des bois. Ces dossiers illustrent la difficulté croissante à concilier pratique cynégétique traditionnelle et exigences de conservation, un enjeu suivi de près par les lecteurs de la rubrique Chasse – Pêche comme de la rubrique Environnement.
Questions fréquentes
La chasse au grand tétras et au lagopède alpin est-elle interdite partout en France ?
Oui, l’interdiction s’applique à l’ensemble du territoire métropolitain depuis la publication des arrêtés au Journal officiel le 8 septembre 2026, sans limite de durée fixée à ce jour.
Pourquoi ces deux espèces étaient-elles déjà sous moratoire avant leur classement définitif ?
Le grand tétras bénéficiait d’un moratoire depuis une décision du Conseil d’État de 2022, et le lagopède alpin depuis une décision similaire du 2 mars 2026, toutes deux motivées par le déclin documenté de leurs populations.
Les chasseurs risquent-ils une sanction s’ils prélèvent accidentellement l’une de ces espèces ?
Le classement en espèce protégée expose tout prélèvement, même non intentionnel, aux sanctions prévues par le code de l’environnement pour atteinte à une espèce protégée ; la vigilance est donc recommandée dans les zones de présence de ces oiseaux.
Sources
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale



