Le jeu en ligne est-il légal en Afrique ?

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Au fil de la pénétration d’internet sur le continent africain, les États de la région se sont aperçus des revenus de l’impôt que le jeu en ligne pouvait rapporter à leurs économies en détresse.

On est passé d’une absence de régulation du marché à des démarches de plus en plus précises de réglementation, de façon à exploiter cette nouvelle ressource.

Internet est aussi un monde sans frontières et chaque État a dû adapter ces pratiques qu’il rend possible au cadre national qui est le sien.

Le portefeuille électronique, un facilitateur de transactions

Dans toute l’Afrique, le pari s’effectue en argent, à partir de son porte-monnaie numérique. Le pari est validé par un compte virtuel. Cette “abstraction” des formes de la monnaie d’échange permet d’agir en pleine confiance, entre le créditeur et le débiteur, une fois l’identité et la solvabilité du joueur validée.

Le fait que des pays, comme le Bénin, le Togo ou le Congo, délèguent un monopole d’État à des organismes certifiés, comme la Congolaise de Gestion de Loterie, garantit que les gagnants percevront bien l’argent qu’ils ont remporté en jouant.

Les investisseurs étrangers peuvent développer des partenariats

L’arrivée sur le marché d’investisseurs étrangers, comme c’est le cas depuis quelque temps, de Veliservices, cofondé par Gia Janashvili, et associé à Paridirect, est la preuve de la fiabilité de plus en plus grande du marché congolais et africain. Le régulateur sera d’autant plus attentif à ce que sa prise de participation soit bénéfique pour le pays.

Le marché de l’iGaming africain se subdivise, au-delà même des cultures et langues régionales à appréhender, en niches représentant chacune de ses catégories : paris sportifs, loteries, jeux de grattage, casinos, avec plusieurs formes de jeux, comme les machines à sous, tables de jeux, casino en direct, etc.

Selon Gia Janashvili, le secret de l’innovation, en Afrique comme ailleurs, ne réside plus dans “l’optimisation” des services, mais bien dans l’art de la “personnalisation” du service, en mettant l’utilisateur au centre de l’expérience. Gia Janashvili préconise une approche en B2B2C, qui vise la satisfaction-client comme l’objectif ultime du fournisseur comme du prestataire direct.

Les règles d’ouverture d’un établissement de jeu en ligne en Afrique

Pour ouvrir un établissement en ligne dans un pays d’Afrique, il est nécessaire d’obtenir la licence d’exploitation qui lui correspond. D’une certaine façon, on peut dire que dans l’exemple ci-dessus, Veliservices, qui est d’abord un fournisseur de logiciels et non un opérateur, s’épargne une étape en recourant ou/et en suppléant aux besoins d’un partenaire local.

Hormis une enquête approfondie sur votre profession, votre identité, il faudra attester de garanties financières qui démontrent qu’il ne s’agit pas d’un attrape-nigaud exploitant la naïveté supposée du public avec des jeux où seul le casino emporte des bénéfices, au détriment de “pigeons”. On devra donc rendre des comptes à ces fameux organismes de gestion de loterie, évoqués plus haut.

La lutte contre le blanchiment d’argent

L’Afrique a pris des dispositions institutionnelles poussées pour faire face au risque que les établissements de jeux d’argent physiques ou en ligne ne servent de “sociétés-écran” visant à blanchir de l’argent mal acquis dans des activités mafieuses. La Commission Bancaire de l’Union Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), créée en avril 1990 à Ouagadougou (Burkina-Faso) est très exigeante et très regardante, de façon à exercer une surveillance uniforme sur l’ensemble des pays qu’elle supervise dans son cadre communautaire.

Au-delà de la lutte contre la délinquance financière, l’arnaque en ligne et la cybercriminalité (-10% du PIB de l’Afrique en 2021) de tels organismes visent à terme à introduire des jeux spécifiquement africains dans ces casinos en ligne. Cela contraindrait indirectement les investisseurs étrangers à s’adapter à cet accent local pris par le marché et à en proposer eux-mêmes pour continuer de séduire leurs habitués.

Ce serait, en quelque sorte, l’introduction d’une nouvelle “règle” implicite par les usages, qui respecterait les us, coutumes et l’identité propre de l’Africanité.

L’interdiction de jouer faite aux mineurs

Il ne faudrait pas croire que les États africains relâchent leur attention, concernant les risques de corruption de leur jeunesse. L’interdiction de jouer aux jeux d’argent est impérative, partout, jusqu’à l’âge légal de la majorité, en Afrique comme en Europe. Sachant que les mises ne sont pas réversibles, cette interdiction est indispensable pour les protéger d’eux-mêmes, tant qu’ils restent dépendants de leur famille financièrement.

La législation en matière de jeu a suivi toute l’évolution de la filière, en devant s’adapter aux enjeux d’internet et de la propagation de la téléphonie mobile. De ce point de vue, l’équité entre les continents semble, en grande partie, respectée.

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