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Amazon élargit ses activités au secteur des salons de coiffure en mettant la technologie au premier plan. Fin avril, le géant de la technologie a annoncé sur son blog qu’il lançait le Salon Amazon à Londres, dans un espace de plus de 1 500 mètres carrés sur Brushfield Street, dans le quartier branché de Spitalfields. Dans son premier (et probablement unique) salon de coiffure, Amazon prévoit de proposer bien plus que des coupes de cheveux à la mode et des services de salon de coiffure. Cet espace permettra d’allier la technologie aux soins capillaires, notamment avec la technologie de la Réalité Augmentée qui permettra aux clientes de se visualiser avec des cheveux de différentes couleurs avant de se décider.
Au salon Amazon, les clients pourront également utiliser la technologie “pointer et apprendre”, qui leur permettra de pointer différents produits sur les étagères, d’en savoir plus sur eux et d’effectuer des achats depuis leur appareil en scannant un code QR.

Bien que le potentiel d’expansion de ce projet soit réel, l’un des aspects les plus intéressants du Salon Amazon est qu’il n’est pas prévu de créer des salons ailleurs, affirme Nicolas Krafft, ancien cadre de L’Oréal. Selon M. Krafft, Amazon semble plutôt vouloir utiliser le site de Londres comme une sorte de terrain d’essai – ou, comme l’entreprise l’appelle, un “espace d’expérimentation” pour déterminer comment la technologie pourrait être mieux intégrée dans l’univers des salons de beauté, et mieux utilisée pour orienter les décisions d’achat et la satisfaction des clients. Dans un premier temps, le salon sera ouvert exclusivement aux employés d’Amazon, avant d’être accessible au public dans les mois à venir.

Amazon est reconnu pour son côté avant-gardiste. L’entreprise a complètement changé la façon dont les consommateurs achètent leurs produits, des livres aux vêtements en passant par les meubles. L’expérience du salon de coiffure offre à Amazon les moyens de réinventer l’expérience d’achat en ligne de soins capillaires et personnels, affirme Nicolas Krafft. Dans un salon, le client bénéficie des conseils et de l’orientation du professionnel du salon de coiffure qui peut lui recommander différents produits. Grâce à une expérience d’achat en ligne intégrée, les propriétaires de salon n’ont plus besoin de stocker un large éventail de produits. Ils serviront plutôt de terrain d’essai, en utilisant divers produits auprès des clients et en permettant à ces derniers d’acheter directement les produits qu’ils aiment (et précisément au moment où ils se sentent le plus motivés). En fin de compte, dit Krafft, Amazon y voit un moyen de mieux intégrer les espaces physiques et en ligne, de sorte que l’un alimente l’autre.

Il est évident qu’Amazon collecte des données dans le cadre de cette expérience, mais ce qu’Amazon prévoit d’en faire l’est beaucoup moins, explique Nicolas Krafft. Il a ajouté qu’Amazon a confié à un journaliste de Tech Crunch qu’ils n’avaient pas l’intention de collecter des données à partir de l’expérience de la RA (Réalité Augmentée) des clientes. Bien qu’Amazon ne recueille pas nécessairement des données personnelles, M. Krafft affirme qu’elle souhaite certainement utiliser le Salon Amazon pour mieux comprendre le comportement des consommateurs et la manière dont les décisions d’achat sont influencées par l’expérience du salon.

Afin d’offrir des soins capillaires, Amazon a fait appel à Elena Lavagni, propriétaire de Neville Hair & Beauty, un salon indépendant basé à Londres. Mme Lavagni est expérimentée dans les soins capillaires modernes et a offert ses services de coiffure lors de grands événements tels que la Fashion Week de Paris et le Festival de Cannes.

Ce que les salons peuvent apprendre de cette expérience d’Amazon

Quel est donc l’objectif sous-jacent de cette dernière initiative d’Amazon et que pourrait-elle signifier pour l’avenir des soins capillaires, des ventes de produits capillaires et des salons de coiffure ? Selon Nicolas Krafft, ancien cadre de L’Oréal, le Salon Amazon est certainement, pour l’instant, un moyen pour l’entreprise de booster les ventes de produits de soins capillaires sur sa plateforme et de tester les façons dont l’expérience d’un salon hors ligne pourrait stimuler ces achats en utilisant les technologies les plus récentes. Au Salon Amazon, par exemple, chaque station comprendra une tablette Amazon Fire et un “espace créatif” dédié à la prise de photos. Amazon de ce fait introduit bien évidemment un nouveau moyen pour les clients de s’informer sur les produits et de les acheter sans que le styliste ait à jouer le rôle d’intermédiaire.

Amazon souhaite que son Salon Amazon fournisse une connexion directe à sa boutique  Amazon Professional Beauty Store sur son site britannique, où les propriétaires de salons peuvent acheter des milliers de produits de salon et de spa, notamment des colorations et des coiffures professionnelles, des outils et des appareils professionnels, des soins des ongles professionnels, des fournitures pour salon de coiffure, des soins de la peau professionnels, ainsi que du mobilier et des fournitures de salon.

« Nous avons conçu ce salon pour que les clientes puissent y découvrir les meilleures technologies, les meilleurs produits de soins capillaires et les meilleurs stylistes du secteur », a déclaré John Boumphrey, directeur national d’Amazon au Royaume-Uni, dans un communiqué.

« Nous voulons que ce cadre unique nous rapproche un peu plus des consommateurs, ce sera un endroit où nous pourrons collaborer avec l’industrie et tester de nouvelles technologies ».

De quelle manière l’expérience en salon influencera-t-elle les décisions d’achat des clientes ? Et comment la technologie peut-elle contribuer à faciliter une expérience plus immersive à 360 degrés, en lien avec le shopping et les médias sociaux ?  Ce sont les questions que les propriétaires de salons devraient se poser, dit Nicolas Krafft, en suivant de près ce que fait le Salon Amazon et les perspectives que cela pourrait offrir à l’avenir du secteur.

Le Salon Amazon est un aperçu du salon du futur, note M. Krafft, et les salons les plus avant-gardistes, les leaders du secteur, devront intégrer bon nombre de ces éléments technologiques pour rester compétitifs. Il est probable que les propriétaires de salons de coiffure adoptent la plupart des outils technologiques introduits par Amazon, notamment la technologie de la RA (Réalité Augmentée) qui permet aux clients de se visualiser dans de nouveaux styles et couleurs de cheveux.

Les clientes se rendent déjà dans les salons, smartphones en main, pour demander à leur styliste de reproduire une coupe, un style ou une couleur particulière, explique Nicolas Krafft. Elles utilisent leur téléphone pour payer à la caisse. Et après avoir quitté le salon, elles prennent très certainement des selfies et les publient sur les médias sociaux. De même, les propriétaires de salons utilisent déjà les médias sociaux pour présenter leurs services et annoncer des promotions spéciales.

Le modèle du Salon Amazon s’appuie sur la façon dont les clients et les propriétaires interagissent déjà avec le monde et communiquent à l’aide de leurs appareils, de même il intègre plus complètement ce modèle dans l’expérience du salon.

Selon Nicolas Krafft, ancien cadre de L’Oréal, on peut s’attendre à ce que de nombreux autres salons à la pointe de la technologie adoptent l’approche du Salon Amazon à l’avenir. Il conseille aux propriétaires de salons de suivre de près l’expérience d’Amazon et de réfléchir à la manière dont ils pourraient intégrer certaines de ces technologies dans leurs propres salons, afin d’être à l’avant-garde d’une tendance qui semble prête à transformer le secteur.

À propos de Nicolas Krafft

Nicolas Krafft est un cadre supérieur dans le secteur de la beauté, avec plus de 20 ans d’expérience au sein de l’une des plus grandes entreprises de cosmétiques au monde, L’Oréal. La carrière de Krafft s’est étendue sur plus d’une décennie au sein des marques de L’Oréal. Après avoir commencé comme chef de produit chez L’Oréal Professional, il a gravi les échelons pour devenir vice-président du développement commercial mondial, puis directeur général international de la marque Pulp Riot, sous la direction du fondateur et PDG David Thurston. Il a notamment réussi à lancer de nouvelles gammes de produits, à accroître les parts de marché dans des environnements économiques difficiles et à développer une présence internationale pour des marques appartenant à L’Oréal comme Kérastase, Matrix et Biolage. Nicolas a récemment travaillé à l’Université Columbia de New York où il a enseigné le Digital Business Leadership.

Né en Suisse, Krafft parle couramment le français, l’allemand et l’anglais et est un véritable citoyen du monde. Il a également vécu au Canada, aux États-Unis, en France, en Lettonie, en Roumanie et en Allemagne. Ce qui lui a permis de mieux comprendre les cultures du monde à travers son travail et sa vie personnelle. Il aime travailler avec les gens de manière à les aider à se développer et à s’épanouir en tant qu’employés et en tant que personnes. Il a réussi à traverser les frontières, à établir et à entretenir des relations avec des personnes de toutes cultures et de tous horizons.

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