L’Europe veut reprendre la main sur une brique technologique stratégique : les puces quantiques à atomes neutres. Baptisé Q-PLANET, un nouveau programme coordonné par l’entreprise française Pasqal vient de démarrer avec un objectif clair : faire passer cette technologie du laboratoire à l’industrie, sur le sol européen.
Un consortium de 28 partenaires réunis dans onze pays
Q-PLANET a été officiellement lancé le 13 juillet 2026 à Bruxelles, après un coup d’envoi technique organisé les 8 et 9 juillet. Le programme rassemble 28 partenaires : organismes de recherche, universités et entreprises industrielles, issus de onze États membres de l’Union européenne (Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Espagne, Finlande, France, Italie, Pologne, Portugal et Suède). Cette dimension paneuropéenne doit permettre de mutualiser les compétences en informatique quantique, en photonique et en microélectronique, plutôt que de les disperser entre initiatives nationales isolées.
Cinquante millions d’euros pour industrialiser la technologie
Le projet dispose d’un budget total de 50 millions d’euros, cofinancé par l’Union européenne via l’entreprise commune Chips Joint Undertaking et par les autorités nationales et régionales des pays participants, avec des soutiens complémentaires côté français dont le plan France 2030. Sur le plan calendaire, Q-PLANET s’inscrit dans un accord-cadre de six ans avec le Chips Joint Undertaking, structuré en deux phases de trois ans : la première, démarrée en juillet 2026, doit faire progresser la maturité technologique des composants du niveau TRL4 (prototype validé en laboratoire) au niveau TRL6 (démonstrateur validé en environnement représentatif), avant une seconde phase consacrée à la montée en puissance industrielle.
Le rôle central de Pasqal et de la technologie des atomes neutres
La coordination du programme revient à Pasqal, entreprise française pionnière de l’informatique quantique par atomes neutres, qui pilote notamment les travaux sur les composants laser intégrés sur puce fonctionnant à 1013 nanomètres, un élément clé pour manipuler ces atomes avec précision. Concrètement, la ligne pilote couvrira l’ensemble du cycle industriel des composants visés :
- conception des briques technologiques nécessaires aux systèmes à atomes neutres ;
- fabrication et assemblage des composants sur puce ;
- tests et qualification en conditions industrielles ;
- optimisation des procédés en vue d’une production à plus grande échelle.
Les applications visées dépassent le seul calcul quantique : la technologie doit aussi servir à des usages de détection (capteurs de très haute précision) et de communication quantique sécurisée, deux domaines suivis de près par les acteurs de la recherche et de l’industrie européenne.
Un enjeu de souveraineté pour l’Europe du numérique
Derrière l’aspect technique, Q-PLANET répond à une préoccupation plus large : éviter que l’Europe ne dépende exclusivement de fournisseurs extra-européens pour les composants critiques des futures technologies quantiques, un sujet suivi de près par les acteurs du high-tech et du numérique. En misant sur l’approche par atomes neutres, dans laquelle plusieurs entreprises européennes disposent d’une avance reconnue, le programme cherche à transformer un atout scientifique en filière industrielle durable, capable de produire localement les puces dont dépendront demain les ordinateurs quantiques, les capteurs de nouvelle génération et les réseaux de communication sécurisée.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la technologie des atomes neutres en informatique quantique ?
Il s’agit d’une approche qui utilise des atomes individuels, piégés et manipulés par laser, comme unités de calcul (qubits). Elle est étudiée pour sa capacité à organiser un grand nombre de qubits avec une bonne stabilité, ce qui en fait l’une des pistes sérieuses vers des ordinateurs quantiques de grande taille.
Qui finance le programme Q-PLANET ?
Le programme, doté de 50 millions d’euros, est cofinancé par l’Union européenne via le Chips Joint Undertaking et par les autorités nationales et régionales des onze pays participants, avec des soutiens complémentaires en France, notamment via le plan France 2030.
Quels pays participent à Q-PLANET ?
Onze États membres de l’Union européenne sont représentés au sein des 28 partenaires du consortium : l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, le Danemark, l’Espagne, la Finlande, la France, l’Italie, la Pologne, le Portugal et la Suède.
Sources
- Pasqal Newsroom — Launch of Q-PLANET
- L’Usine Digitale — Qu’est-ce que Q-Planet ?
- Quantum Computing Report — Chips JU and Pasqal launch Q-PLANET
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale



