Dans de nombreux étangs et rivières français, les pêcheurs se retrouvent confrontés à un dilemme inattendu : que faire lorsqu’une tortue de Floride mord à l’hameçon ? Cette espèce exotique, classée parmi les espèces exotiques envahissantes, pose un problème concret sur le terrain, entre obligation légale et absence de solution pratique.
Une espèce interdite depuis les années 1990
Importée massivement comme animal de compagnie jusque dans les années 1990, la tortue de Floride (Trachemys scripta, dont la sous-espèce à tempes rouges) a vu son importation interdite dès 1997, avant une interdiction totale de commercialisation l’année suivante. De nombreux propriétaires, ne sachant qu’en faire, ont alors relâché leurs tortues dans la nature. Le règlement européen n°1143/2014 sur les espèces exotiques envahissantes est venu renforcer cette interdiction, qui reste pleinement en vigueur aujourd’hui.
Plus vorace et plus agressive que la cistude d’Europe, l’espèce indigène avec laquelle elle entre en concurrence directe, la tortue de Floride monopolise les meilleurs postes d’ensoleillement et les zones de nourrissage. Résultat : dans plusieurs régions, dont le Vaucluse, les populations de cistudes reculent année après année face à cette concurrente venue d’Amérique du Nord.
Le casse-tête des pêcheurs de loisir
La loi est pourtant stricte : un pêcheur qui capture une tortue de Floride n’a pas le droit de la relâcher, ni de la transporter librement chez lui, sous peine de sanctions. Mais aucune filière officielle et généralisée de collecte n’existe partout sur le territoire pour recueillir ces animaux vivants. Résultat, rapporté notamment dans le Vaucluse : certains pêcheurs, démunis, en viennent à tuer les tortues capturées faute d’alternative légale et pratique.
Face à cette impasse, l’Office français de la biodiversité a recommandé une méthode jugée plus digne : congeler l’animal après capture, une pratique reconnue comme la moins traumatisante pour euthanasier une tortue, avant remise à une structure compétente lorsque cela est possible. Cette recommandation, encore mal connue du grand public, illustre le décalage entre la réglementation nationale et les moyens réellement disponibles sur le terrain.
Ce qu’il faut retenir
- La tortue de Floride est interdite à la vente en France depuis 1998
- Il est interdit de la relâcher une fois capturée, sous peine de sanctions
- Elle concurrence directement la cistude d’Europe, espèce protégée
- En l’absence de filière de collecte, l’euthanasie par congélation est recommandée par les autorités compétentes
Cette situation illustre plus largement les défis liés à la gestion des espèces invasives en France, un sujet qui dépasse largement le seul cadre de la pêche de loisir et concerne l’ensemble de la protection de la faune locale. Pour les pratiquants de la chasse et de la pêche, ces obligations s’ajoutent à un cadre réglementaire déjà dense, entre tailles légales, quotas et périodes d’ouverture.
Questions fréquentes
Peut-on relâcher une tortue de Floride pêchée par accident ?
Non, la loi française interdit formellement de relâcher une tortue de Floride une fois capturée, tout comme son transport ou sa détention sans autorisation.
Pourquoi la tortue de Floride pose-t-elle problème aux espèces locales ?
Plus grande, plus vorace et plus compétitive, elle occupe les meilleurs postes d’ensoleillement et les zones de nourrissage au détriment de la cistude d’Europe, espèce indigène protégée.
Que recommandent les autorités en cas de capture ?
L’Office français de la biodiversité conseille de congeler l’animal, une méthode considérée comme la moins traumatisante en l’absence de filière de collecte généralisée.
Sources
France 3 Régions —
Aquabase —
Wikipédia
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale



