Chaque année à la même période, les étals se couvrent de pots colorés : le chrysanthème de la Toussaint reste, en France, une tradition bien vivante. Mais derrière cette image d’Épinal, le marché change en profondeur. Les fleuristes ne captent qu’une fraction des ventes, la clientèle vieillit, et les producteurs misent désormais sur des variétés plus résistantes pour séduire de nouveaux acheteurs.
Le chrysanthème, toujours roi de la Toussaint
Selon les données du secteur, environ 4 millions de foyers français ont acheté des fleurs ou des plantes pour la Toussaint en 2024, pour une dépense totale de 124 millions d’euros. Le chrysanthème représente à lui seul 64 % de ces achats, loin devant les pensées (12 %), la bruyère (9 %) ou les cyclamens (5 %). Le panier moyen s’élève à 29,40 euros pour 3,6 plantes achetées, avec un prix moyen d’environ 10 euros le pot chez les producteurs.
Chez certains horticulteurs des Pays de la Loire, cette seule période représente jusqu’à un quart du chiffre d’affaires annuel, avec des volumes qui peuvent atteindre 65 000 pots vendus sur la saison. La culture démarre dès le mois de mai pour être prête à fleurir en octobre, au moment où les journées raccourcissent.
Les fleuristes distancés par les jardineries et la grande distribution
C’est là que le tableau se nuance : sur l’ensemble des ventes de végétaux de Toussaint, les fleuristes ne représentent que 17 % du marché, loin derrière les jardineries (28 %) et la grande distribution (25 %). Les producteurs en vente directe captent encore 16 % des achats. Une partie de la profession travaille d’ailleurs à reconquérir ce terrain : comme le racontait récemment une nouvelle génération de commerçants qui reprend des boutiques de centre-ville, misant sur le conseil et la proximité pour se différencier des grandes surfaces.
Autre point sensible pour la profession : l’origine des fleurs vendues. La question du bilan carbone des fleuristes, alors que les fleurs françaises restent boudées par une partie de la clientèle au profit d’imports moins chers, prend une résonance particulière à la Toussaint, période de très forte demande où l’origine des chrysanthèmes est rarement mise en avant sur l’étiquette.
Des chrysanthèmes multiflores pour séduire une clientèle vieillissante
Autre signal d’alerte : l’âge moyen des acheteurs de fleurs de Toussaint atteint désormais 61 ans, et le secteur observe une baisse progressive des volumes achetés, signe que la tradition s’effrite doucement chez les plus jeunes générations. Pour inverser la tendance, les producteurs misent sur l’innovation variétale : les chrysanthèmes multiflores, aux coloris plus modernes, gagnent du terrain sur les variétés traditionnelles. Ils offrent aussi une meilleure tenue au froid et au vent, un argument de poids pour des plantes destinées à orner les tombes plusieurs semaines durant.
Ces évolutions s’inscrivent dans un mouvement plus large de valorisation de la production locale, porté notamment par les Journées de la Fleur Française, qui mettent en avant les producteurs de l’Hexagone face à la concurrence des importations.
Bien choisir son chrysanthème : quelques repères
- Privilégier un pot aux boutons encore fermés pour une floraison qui dure plus longtemps une fois en extérieur.
- Vérifier l’origine indiquée sur l’étiquette pour soutenir, si on le souhaite, la production française.
- Opter pour une variété multiflore si la plante doit résister au vent et aux premiers frimas.
- Arroser modérément mais régulièrement : le chrysanthème craint autant l’excès d’eau que le manque d’eau.
- Comparer les prix entre jardineries, fleuristes de quartier et grandes surfaces, les écarts pouvant être significatifs selon le circuit de distribution.
Ces quelques réflexes s’inscrivent plus largement dans les bons plans et conseils pratiques à connaître avant de se rendre chez son fleuriste ou sa jardinerie habituelle.
Questions fréquentes
Pourquoi le chrysanthème est-il associé à la Toussaint ?
Cette plante fleurit naturellement début novembre, au moment où les jours raccourcissent, ce qui en a fait au fil du temps la fleur de cimetière la plus répandue en France à cette période de l’année.
Où acheter son chrysanthème pour soutenir les fleuristes ?
Les boutiques de fleuristes indépendants, qui ne représentent que 17 % du marché de la Toussaint face aux jardineries et à la grande distribution, proposent généralement un conseil personnalisé sur les variétés et leur entretien.
Les chrysanthèmes multiflores coûtent-ils plus cher ?
Leur prix reste proche de celui des variétés traditionnelles, autour d’une dizaine d’euros le pot en moyenne, mais leur meilleure résistance au froid et au vent peut justifier un léger surcoût selon les points de vente.
Sources
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale



