Des chercheurs de l’université de Constance, en Allemagne, ont identifié une enzyme bactérienne surnommée « Pac-Man », capable de dégrader certains plastiques biodégradables. Leurs travaux, publiés dans la revue scientifique The ISME Journal, ouvrent une piste concrète dans la lutte mondiale contre la pollution plastique, un enjeu qui touche aussi bien les littoraux que les sols les plus reculés, comme le montrait récemment la découverte de nanoplastiques jusque dans les sols de l’Antarctique.
Une découverte venue du sol forestier
Pour repérer cette enzyme, l’équipe allemande a enterré des morceaux de polyesters aliphatiques à longue chaîne (LCAP), une famille de bioplastiques, dans un sol forestier pendant environ un an. En examinant les échantillons au microscope électronique, les scientifiques ont observé de petits trous à la surface des films plastiques, dont la taille et la forme correspondaient exactement à celles de bactéries. Plusieurs de ces bioplastiques s’étaient entièrement décomposés en l’espace d’une année, tandis que des plastiques conventionnels enterrés dans les mêmes conditions restaient quasiment intacts.
Une structure en forme de bouche grand ouverte
En modélisant la structure de la protéine à l’aide du logiciel AlphaFold3, les chercheurs ont découvert que le site actif de l’enzyme – la zone où se produit la réaction chimique – formait une large ouverture, évoquant la bouche grand ouverte du personnage de jeu vidéo Pac-Man. D’où son surnom, même si son nom scientifique officiel est beaucoup plus sobre : LCPH1, pour « long-chain polyester hydrolase 1 ».
- Découverte par l’université de Constance (Allemagne)
- Enzyme capable de dégrader certains polyesters et bioplastiques biodégradables
- Structure identifiée grâce à la modélisation AlphaFold3
- Étude publiée dans The ISME Journal en septembre 2026
Un effet secondaire inattendu : la pénicilline
La surprise est venue d’un second test : en laboratoire, cette même enzyme s’est aussi montrée capable de dégrader la pénicilline. Un résultat qui intrigue les chercheurs, car il suggère un lien possible entre certains mécanismes bactériens de dégradation du plastique et des phénomènes de résistance aux antibiotiques. Les auteurs de l’étude restent prudents : il s’agit d’une observation de laboratoire, qui devra être confirmée par d’autres travaux avant d’en tirer des conclusions sur la santé publique.
Quelles retombées pour la lutte contre la pollution plastique ?
Cette découverte s’inscrit dans un mouvement de recherche plus large sur les capacités d’adaptation des micro-organismes face aux déchets plastiques. Elle ne remplace pas les solutions déjà déployées à grande échelle par l’industrie du recyclage, mais elle ouvre une piste complémentaire pour les plastiques biodégradables, dont la dégradation naturelle reste aujourd’hui lente et incomplète. En attendant que cette recherche débouche sur des applications concrètes, les gestes individuels gardent tout leur sens : chacun peut déjà limiter sa consommation de plastique au quotidien.
Les équipes de recherche en science et innovation surveillent désormais si cette enzyme, ou des variantes proches, pourraient un jour être produites à plus grande échelle pour accélérer le traitement des déchets plastiques.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que l’enzyme « Pac-Man » ?
C’est une enzyme bactérienne découverte par l’université de Constance, nommée scientifiquement LCPH1, capable de dégrader certains polyesters et plastiques biodégradables. Son surnom vient de la forme de son site actif, qui ressemble à une bouche grand ouverte.
Cette enzyme peut-elle dégrader tous les plastiques ?
Non. Les tests ont porté sur des polyesters aliphatiques à longue chaîne et des bioplastiques biodégradables. Les plastiques conventionnels enterrés dans les mêmes conditions sont restés quasiment intacts après un an.
Pourquoi le lien avec la pénicilline interroge-t-il les chercheurs ?
Parce que la même enzyme s’est révélée capable de dégrader la pénicilline en laboratoire, ce qui pose la question d’un lien possible avec des mécanismes de résistance aux antibiotiques chez certaines bactéries. Ce point nécessite des études complémentaires.
Sources
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale



