Acheter d’occasion n’a plus grand-chose d’un acte militant. C’est ce que révèle le baromètre Novascope, publié en septembre 2026 par l’institut Enov et relayé par plusieurs médias spécialisés : la seconde main s’est installée durablement dans le quotidien des Français, mais ses ressorts ont changé de nature. Le geste écologique cède du terrain face à un réflexe beaucoup plus prosaïque, celui du pouvoir d’achat.
Un plateau à 73 %, mais un virage dans les motivations
Selon ce baromètre, 73 % des Français ont acheté au moins un produit d’occasion au cours de l’année écoulée, un taux stable depuis trois ans : le marché n’est plus en phase de conquête, il s’est banalisé. Ce qui bouge, en revanche, c’est le discours que les acheteurs tiennent sur leur propre pratique. Seuls 36 % d’entre eux considèrent encore leur démarche comme un acte engagé, contre 42 % deux ans plus tôt. Dans le même temps, 56 % des utilisateurs réguliers reconnaissent se tourner vers l’occasion pour s’offrir davantage d’articles à budget constant, et 79 % disent que ce modèle les « décomplexe » dans leurs achats.
- Produits culturels (livres, jeux vidéo) : 47 % des achats d’occasion
- Vêtements et textile : 46 %
- Ameublement et décoration : 34 %
- Jouets : 27 %
Shein, Temu et vide-dressing : une contradiction qui ne choque plus
Le baromètre pointe un paradoxe révélateur de ce basculement : 49 % des acheteurs réguliers de seconde main déclarent aussi avoir commandé sur Shein ou Temu au cours de la même période. L’achat d’occasion et la fast fashion la moins chère ne s’excluent plus dans les habitudes de consommation ; ils répondent à la même logique de prix. Un article publié sur l’écart grandissant entre Vinted et Leboncoin sur le marché français montrait déjà cette bascule des usages vers des plateformes toujours plus spécialisées selon le type de bien.
Autre signe du changement : 46 % des Français disent désormais revendre des objets qu’ils se contentaient auparavant de donner. L’occasion n’est plus seulement un mode d’achat, elle devient aussi un revenu d’appoint, avec les questions fiscales que cela soulève pour les vendeurs les plus actifs, comme l’expliquait notre article sur le signalement au fisc des ventes réalisées sur Vinted et Leboncoin.
Réparer plutôt que jeter : l’autre versant du mouvement
Le baromètre Novascope relève aussi une progression de la réparation : 49 % des Français ont fait réparer au moins un produit dans l’année, soit six points de plus qu’en 2024. Confirmé par le site spécialisé Comarketing-News, ce mouvement dessine un consommateur moins fidèle à un objet précis qu’attaché à ne pas dépenser plus que nécessaire, qu’il s’agisse de prolonger la vie d’un bien ou d’en acheter un déjà utilisé.
Sur le plan économique, des estimations relayées par la presse spécialisée de l’économie circulaire, s’appuyant notamment sur des données Statista, de l’Ademe et de Citeo, situent désormais le marché français de la seconde main autour de 12 milliards d’euros, contre 5,5 milliards en 2020. Cette trajectoire s’explique moins par l’arrivée de nouveaux acheteurs que par l’intensification des pratiques de ceux qui achetaient déjà d’occasion.
Ce que cela change pour les acheteurs et les vendeurs
Pour les ménages, ce basculement vers une logique de pouvoir d’achat a une traduction concrète, comme le montraient les données de l’Insee reprises dans notre article sur l’évolution du pouvoir d’achat des ménages français : l’occasion est devenue une variable d’ajustement budgétaire presque aussi banale que les comparateurs de prix. Pour qui souhaite s’y mettre sans mauvaise surprise, mieux vaut comparer plusieurs plateformes d’e-commerce et de shopping avant d’acheter, et surveiller les tendances plus larges de l’économie et de la finance des ménages pour anticiper les prochains arbitrages de consommation.
Questions fréquentes
La seconde main est-elle encore motivée par l’écologie ?
Elle le reste pour une partie des acheteurs, mais la part de ceux qui la présentent comme un acte engagé recule : 36 % en 2026 contre 42 % deux ans plus tôt, selon le baromètre Novascope. La motivation économique devient majoritaire.
Pourquoi des acheteurs d’occasion commandent-ils aussi sur Shein ou Temu ?
Parce que les deux pratiques répondent à la même recherche de prix bas plutôt qu’à une cohérence écologique. Près d’un acheteur régulier d’occasion sur deux déclare avoir aussi commandé sur ces plateformes de fast fashion à bas coût.
Faut-il déclarer ses ventes d’objets d’occasion aux impôts ?
Être signalé par une plateforme à l’administration fiscale ne signifie pas automatiquement payer un impôt : tout dépend du volume et de la nature des ventes. Les particuliers qui revendent occasionnellement leurs propres biens usagés restent, dans l’immense majorité des cas, hors du champ de l’imposition.
Sources
- Ecommercemag.fr — Marché de la seconde main : le prix supplante le réflexe écologique
- Comarketing-News — Seconde main : une question de prix bien plus que d’écologie
- Recy.net — Seconde main en France : chiffres et plateformes en 2026
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale



