Publiée le 25 octobre par le site Comparons l’énergie, une nouvelle étude chiffre le coût de l’électricité par département pour toute la France métropolitaine continentale. Son constat le plus frappant tient en une phrase : selon que l’on habite Paris ou le Tarn-et-Garonne, la facture d’un foyer moyen passe du simple au double. Derrière ce chiffre, il y a surtout une méthode, qui rapproche trois bases de données publiques jusqu’ici consultées chacune de leur côté.
Une étude qui part des compteurs, pas des moyennes
Les chiffres de consommation électrique qui circulent d’ordinaire sont nationaux, et gomment des situations très éloignées. L’étude prend le sujet par l’autre bout. Elle repart des données ouvertes d’Enedis, qui publie chaque automne la consommation de ses 34 229 966 compteurs résidentiels, par département et par commune. Elle y ajoute le niveau de vie médian mesuré par l’INSEE (Filosofi 2023) et le Tarif Bleu fixé par la CRE au 1er août 2026, en option Base 6 kVA : 190,81 € d’abonnement annuel et 0,2001 € le kilowattheure.
En combinant ces trois sources, l’étude sur le vrai coût de l’électricité dans chaque département aboutit à une facture type et à un indicateur de « poids dans le niveau de vie » comparables pour les 94 départements desservis par Enedis et pour 32 069 communes, dont 25 217 classées (celles d’au moins 100 compteurs). Le tarif réglementé étant identique partout, seule la quantité d’électricité consommée distingue un territoire d’un autre.
De 711 à 1 262 euros : le grand écart
À Paris, un foyer consomme en moyenne 2 602 kWh par an, soit une facture type de 711 €. Dans le Tarn-et-Garonne, il en consomme 5 354, pour 1 262 €. L’écart atteint 551 € par an. Derrière le département le plus cher viennent l’Eure (1 250 €), le Vaucluse (1 226 €), le Loir-et-Cher (1 205 €), le Gers (1 203 €) et l’Ain (1 199 €). À l’autre extrémité, la petite couronne parisienne occupe le terrain : Hauts-de-Seine (764 €), Val-de-Marne (808 €), Seine-Saint-Denis (809 €), puis la Lozère (860 €).
La moyenne nationale, 4 126 kWh par foyer en 2025, donne une facture type de 1 016 € par an.
| Département | kWh par foyer (2025) | Facture type | Poids dans le niveau de vie médian |
|---|---|---|---|
| Paris | 2 602 | 711 € | 2,1 % |
| France (Enedis) | 4 126 | 1 016 € | 4,2 % (médiane) |
| Vaucluse | 5 172 | 1 226 € | 5,1 % |
| Tarn-et-Garonne | 5 354 | 1 262 € | 5,2 % |
Trois France de l’électricité
La carte dessine trois ensembles. D’abord les grandes villes et leurs banlieues denses, où l’on vit en appartement, souvent chauffé au gaz ou par un réseau de chaleur : Paris consomme 2 602 kWh par foyer, Lyon 2 655, Toulouse 2 679, Nice 2 932, Marseille 3 210. La capitale se classe 24 885e sur 25 217 communes.
Ensuite la montagne, où les chiffres paraissent bas parce qu’Enedis compte des compteurs, pas des ménages : un chalet occupé quelques semaines par an tire la moyenne vers le bas. La Lozère, les Hautes-Alpes, l’Ardèche ou les Pyrénées-Orientales semblent ainsi plus sobres qu’elles ne le sont pour leurs habitants à l’année.
Enfin, la France des maisons individuelles chauffées à l’électricité, du Sud-Ouest au Bassin parisien, où se concentrent les factures les plus lourdes. L’étude relève une corrélation de −0,57 entre la part d’appartements et la consommation : les départements où plus de 45 % des foyers vivent en appartement figurent tous dans le bas du classement. Pour les propriétaires de ces maisons, l’idée de remplacer ses vieux chauffages électriques n’a rien d’abstrait.
Moins 9,5 % en six ans, sans l’aide du climat
Deuxième enseignement : un foyer raccordé à Enedis consommait 4 559 kWh en 2019, il en consomme 4 126 en 2025, soit 9,5 % de moins en six ans. Les deux années ont connu des hivers proches de la normale (1 561 degrés-jours en 2025 pour une normale de 1 583) : la baisse ne doit rien à la douceur du climat. Corrigée, elle reste de 9,3 %, et aucun des 94 départements n’est en hausse.
Après un creux à 4 289 kWh en 2022, année de crise des prix et d’hiver très doux, la consommation s’est stabilisée autour de 4 100 kWh. Sur la facture, l’effet se mesure : à la grille actuelle, consommer comme en 2019 coûterait 1 103 € au foyer moyen, contre 1 016 € aujourd’hui. Les ménages ont ainsi effacé 87 € de facture annuelle par leur seule consommation, une économie à mettre en regard des changements de tarif entrés en vigueur le 1er août.
Le recul n’est pas uniforme. Les Landes (−13,6 %), la Haute-Garonne (−13,5 %) et les Hauts-de-Seine (−12,8 %) ont le plus baissé, la Moselle (−3,4 %), le Haut-Rhin (−4,2 %) et le Bas-Rhin (−4,8 %) le moins. L’explication tient au chauffage : plus un département compte de résidences principales chauffées à l’électricité, plus la baisse y est forte (corrélation de −0,65). Sobriété, isolation des maisons, pompes à chaleur : c’est la consommation de chauffage qui se comprime.
Là où l’électricité pèse le plus
Troisième enseignement : rapportée au niveau de vie médian, la facture type pèse 2,1 % à Paris, 2,3 % dans les Hauts-de-Seine. Elle grimpe à 5,2 % dans le Tarn-et-Garonne, 5,1 % dans le Vaucluse, 5,0 % dans le Lot-et-Garonne, 4,9 % dans l’Eure, le Gers et la Dordogne, pour une médiane des départements de 4,2 %. Plus un département est modeste, plus l’électricité y pèse lourd (corrélation de −0,67).
L’indicateur rapporte une facture par foyer à un revenu par unité de consommation : il sert à comparer les territoires, pas à mesurer la part du budget qu’un ménage consacre réellement à l’électricité. Il éclaire toutefois sous un angle nouveau les variations du pouvoir d’achat des ménages suivies par l’Insee.
Ce que l’étude change par rapport aux chiffres habituels
Enedis publie des consommations, l’INSEE des revenus, la CRE des tarifs ; aucun des trois ne dit ce que l’électricité coûte à un foyer selon l’endroit où il vit. En les assemblant, l’étude passe d’une moyenne nationale abstraite à une lecture territoriale, jusqu’à la commune, et rend visible une double peine, consommation forte et revenus faibles, que les statistiques nationales masquent.
Comment retrouver son département et sa commune
- Les chiffres clés et quatre cartes commentées.
- Un classement triable des 94 départements.
- Un module « Et dans votre commune ? » : consommation moyenne, facture type et rang de chaque commune couverte.
- Une fiche par département, avec ses communes les plus gourmandes et les plus sobres.
- Deux fichiers CSV à télécharger, réutilisables en citant « Comparons l’énergie » avec un lien.
L’étude sera actualisée chaque année, au millésime suivant d’Enedis.
Des limites à garder en tête
Le périmètre est celui du réseau Enedis : la Corse et l’outre-mer, desservis par EDF SEI, n’y figurent pas. Dans dix départements, une entreprise locale de distribution dessert une part notable des foyers ; signalés par une croix (†), leur moyenne ne décrit qu’une partie des habitants. Un « foyer » désigne un compteur résidentiel actif, résidences secondaires comprises. Enfin, la facture type ignore offres de marché, heures creuses, Tempo et puissances supérieures à 6 kVA : c’est une référence de comparaison, pas la facture réelle d’un ménage.
Questions fréquentes
Pourquoi un foyer parisien consomme-t-il deux fois moins qu’un foyer du Tarn-et-Garonne ?
À Paris, on vit en appartement, souvent petit et chauffé au gaz ou par un réseau collectif ; dans le Tarn-et-Garonne, la maison chauffée à l’électricité domine. La moyenne reflète le logement plus que le comportement des habitants.
La facture type correspond-elle à ce que je paie ?
Non. Elle applique le Tarif Bleu Base 6 kVA du 1er août 2026 à la consommation moyenne du département. Votre facture dépend de votre offre, de votre option, de votre puissance et de votre propre consommation.
Pourquoi comparer 2025 à 2019 ?
Parce que ces deux années ont connu un hiver proche de la normale, ce qui isole la baisse durable de la consommation, liée à la sobriété, à l’isolation et aux équipements.
Sources
- Enedis Open Data : consommation et thermosensibilité d’électricité à la maille département
- INSEE : Filosofi, niveau de vie des ménages
- CRE : données ouvertes sur les tarifs réglementés
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale



